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Arnaud Le Roi : pour un design numérique sensible

Arnaud Le Roi : pour un design numérique sensible

“Il faut avoir travaillé de ses mains pour être designer”

Le savoir-faire manuel qui relie la main au cerveau est indissociable. En effet, manipuler et manager ont la même origine. Le dessin, la photo, la 3D, l’animation ont façonné le dessein de ce designer et pédagogue en mouvement. Retour sur son parcours pluriel, ouvert et engagé qui a été moteur dans la création du Digital Design Lab.

Un parcours à l’École de la représentation

Arnaud Le Roi est un designer transversal et pluridisciplinaire. De formation académique, il étudie à l’École des Beaux-Arts et est diplômé du DNSEP option design. C’est dans cette institution qu’il rencontre la 3D. "Étrangement, je suis tombé dans le bain du numérique lors de mon cursus aux Beaux-Arts. Il y a eu une ouverture digitale et l’on a proposé aux étudiants de suivre une formation sur les premiers logiciels 3D."

À cette époque (1995), la majorité des étudiants de la promotion était assez réfractaire à l’usage des nouvelles technologies tandis qu’il perçoit déjà la pertinence d’une pratique ouverte et transversale. "L’étudiant doit être curieux, porté sur l’innovation des outils métiers."

La matérialité de l’enseignement plastique lui apparaît hautement compatible avec l’usage de logiciels de représentation. "Pour moi c’était une telle évidence : je travaillais de nombreux médiums et la machine me permettait de tout combiner. Il y avait une vraie réflexion sur la méthode. Ainsi, la transposition du processus créatif s’est faite de manière très simple, fluide."

Une escale dans l’industrie audiovisuelle

"Cette double facette associant langage technique, numérique et diplôme de designer m’a permis de trouver une place très rapidement dans les industries de l’audiovisuel : le jeu vidéo et le film d’animation."

En 2000, alors qu’il travaillait en tant que Game designer dans le studio d’animation luxembourgeois “Oniria Pictures” et à la “Team Chman” lilloise, L’École de design Nantes Atlantique le sollicite pour intégrer l’ouverture de la filière Hypermédia (ancienne appellation de la filière digital design). Il est invité à encadrer et former les étudiants à la modélisation et à l’animation 3D. Il s’organise entre le Luxembourg, Lille et Nantes pour effectuer ses déplacements tous les mois.

"Ce bachelor Hypermédia préfigure de la réflexion de l’école sur l’avenir du numérique et la formation des designers au digital."

Un déploiement au sein du Digital Design Lab

Du READi au Digital Design Lab

Responsable pédagogique de cycle master depuis 2013, enseignant en premier cycle depuis 2001, il accompagnait déjà de nombreux projets sur les filières en développement (Interaction, Espace, Graphisme). "C’était une époque où le design structurait les approches des métiers de la création."

Le premier Design Lab a été créé par L’École de design Nantes Altantique en 2010 sous la direction de Grégoire Cliquet. D’abord intitulé READi (Recherches Expérimentales Appliquées en Design d’interactivité) il évolue en “Human Machine Design” et se nomme désormais "Digital Design Lab".

"Nous les formions au design d’interface, au produit service. L’état d’esprit du master consistait à être “pilote” sur ce que serait le futur, dans une dynamique d’innovation, de pédagogie et de recherche. Pendant 30 à 40 ans, on a repensé tous les outils de production par le logiciel. Ce phénomène s’est accéléré avec un traitement de l’information et exploitation des données de plus en plus rapide et accessible partout."

L’enjeu : la formation de penseurs critiques, responsables et innovants.

Tout est allé tellement vite. "Notre monde transformé par le second âge “digital” des machines pose de nouvelles problématiques sociétales. La révolution technologique nous amène à travailler plus, connectés à distance, de manière solitaire et autonome... L’annexion des espaces de vie est un enjeu psychosociologique important. Notre expérience de 10 ans sur ce terrain nous permet de prendre du recul sur nos “anciennes” pratiques."

Le cycle master forme des "designers critiques capables de manager la complexité de l’innovation et d’inscrire des valeurs anthropologiques qui dépassent la simple opérabilité du système et des enjeux économiques."

À partir de sa spécialité en cycle bachelor "métier", l’étudiant formé au MDes Digital complète son parcours en Culture Numérique pour faire évoluer une pratique déjà maîtrisée.

Les notions de Responsabilité Sociale et Environnementale sont au cœur de l’apprentissage prodigué par le Digital Design Lab. Demain, la réglementation sociale et technologique (RST) impactera toutes les décisions stratégiques et politiques en design.

La diversité fabrique de la performance. Notre cycle master forme des designers singuliers à cette matrice composée de 4 pôles :

  • le tangible - physique, espaces et mobiliers connectés -
  • l’immatériel - environnements immersifs, augmentés, interfaces gestuelles naturelles-
  • le machine learning - l’Intelligence Artificielle, éthique des données -
  • le biomimétisme - systèmes vivants complexes, approches interespèces -

"Nos étudiants sont prescripteurs de solutions nouvelles pour des industriels ou des collectivités. Ils privilégient une approche holistique, en transversalité, reliée aux différentes matières et filières."

Tous les ans, la maquette du Digital Design Lab évolue pour anticiper les impacts des technologies émergentes et adaptables telles que les cobots, assistants vocaux, expériences binaurales et augmentations sensorielles.

Le biomimétisme : un axe de recherche pertinent ?

Un changement d’échelle et de réflexion sur le digital conduit assez naturellement à l’étude de la biosphère. "Le vivant comme modèle" permet de changer de point de vue et de mieux comprendre la nature pour innover.

Cette ressource n’est pas inépuisable. "Le designer, en s’en inspirant, contribue à protéger la biosphère. C’est un levier dans le management de la créativité."

Le projet de design inclusif BiomimiCry est un exemple. Inspirés par les sons émis par la nature, les étudiants ont imaginé des instruments de musique électronique adaptés aux jeunes musiciens en situation de handicap de l’I.E.M (Institut d’Éducation Motrice) de La Marrière à Nantes. En collaboration avec le Muséum de Nantes, scientifiques et biologistes, éducateurs, orthophonistes et musiciens du collectif KubE ont partagé leurs expertises et leur énergie pour donner vie à ce projet.

"Si vous cherchez, sortez de votre bureau, quittez votre écran. La nature vous fournit toujours une solution."