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Datalogy 3

#culture numérique #cycle master #design graphique

Mal-logement en France, chiffres fondation Abbé-Pierre, 2017 - Claire Marbœuf

Consommation de viande des français, chiffres Association végétarienne de France - Simon Le Roux

Déforestation de l’Indonésie pour l’huile de palme, Surface de production d’huile de palme en Indonésie ( en Km2 ) / Surface de forêt Indonésienne ( en Km2 ) - Ewen Ribot

Datalogy #3

Pour cette troisième édition de Datalogy, les étudiants de L’École de design portent un regard sur le sujet de leur choix. À travers des données accessibles publiquement (open data) les étudiants aiguisent notre regard civique et critique en les représentant sous forme d’images. Il ne s’agissait pas ici de produire des représentations graphiques ou cartographiques à partir des données, mais bien de créer des « images » étonnantes, qui facilitent la compréhension et favoriseront la mémorisation d’un phénomène.

Présentés lors de l’événement Datarama #3 / Data Party à l’occasion de la Nantes Digital Week 2018, le public était invité à voter pour la proposition qu’il préférait. La datalogie ayant reçu le plus de votes est celle de Claire Marboeuf sur le mal-logement en France, suivi par celle de Simon Le Roux qui s’intéressait à la consommation de viande par les français. Les gagnants recevront un exemplaire de Data Design. Les données comme matériau de création, dédicacé par son auteur David Bihanic.

Contextualiser et scénographier des données

La datalogy consiste en effet avant tout à contextualiser, ou plus exactement à « scénographier » des données. On lit, on essaie de comprendre, on interprète, on croise, on recroise et on discute pour mettre en scène et « imaginer ». Et on apprend que... oui ! une image vaut mille mots, et que non... elle n’est (vraiment) pas facile à fabriquer... Car si l’objectif est de créer une image facile à lire et à mémoriser, son apparente simplicité masque un processus de conception complexe : Quels éléments du réel ? Quelle situation, quelle métaphore, quelle émotion pour quelles données ? Et puis... comment montrer sans démontrer, sans dénoncer ?
Les images de Datalogy 3 reflètent cette complexité : dans certains cas, c’est la nature des chiffres qui ne facilitent pas leur transposition « datalogique », dans d’autres cas c’est la difficulté de traduire des situations humaines délicates qui se prêtent mal à l’exercice. Mais, le point commun à toutes ces images réside dans une volonté de donner à voir des chiffres, des données peu visibles.

Loin d’être figées, les données sont une matière première dont la réutilisation et la transformation sont sans cesse à réinventer

L’open data – ou ouverture des données publiques – est un mouvement qui s’inscrit dans les principes d’une démocratie ouverte, innovante, vivante. Seulement la mise à disposition de données brutes ne suffit pas. Elle nécessite des metteurs en scène et des producteurs de sens afin, qu’au-delà de l’aspect esthétique, ces données racontent une histoire, expliquent le monde, rendent sensible et visible la réalité. Relier les femmes et les hommes, produire du sens, rendre accessible la complexité.

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