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Une islandaise à L’École de design

Une islandaise à L’École de design

Íris Björk Björnsdóttir, étudiante islandaise, est une globe-trotteuse infatigable qui multiplie opportunités et coïncidences.

Après un BDes au sein de L’École de design, elle suit actuellement un MDes en Brand Design & Food. Découvrons ensemble son parcours.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Íris Björk Björnsdóttir et je suis originaire d’Islande. En 2008, je suis sortie diplômée du Commercial College of Iceland. À cette époque, j’avais déjà conscience d’être plus intéressée par l’art et le design que par les affaires. N’étant pas totalement certaine de ce que je voulais faire, j’ai décidé de prendre une année sabbatique pour travailler et voyager. Je suis ensuite arrivée à Paris, où j’ai travaillé comme jeune fille au pair pendant quelques mois. C’est à cette époque que j’ai rencontré mon petit ami. Après seulement quelques mois de vie commune, nous avons décidé de partir en Jamaïque pour son travail. Nous y avons vécu pendant près de deux ans et j’y ai étudié le fashion design à l’Edna Manley College of the Visual and Performing Arts avant de m’inscrire à L’École de design Nantes Atlantique.

 

Pourquoi avoir choisi la France pour faire vos études à l’étranger ?

Je n’ai pas réellement choisi de venir en France pour étudier. Mon projet initial était simplement de venir en France et d’y travailler comme fille au pair pour apprendre le français jusqu’à ce que j’aie une idée plus précise de ce que je voulais faire à l’avenir. C’est une suite d’événements et de décisions qui m’ont amené là, on peut presque parler de coïncidence. Nous avons une excellente université de design en Islande. C’est l’Icelandic Academy of the Arts. Cette université propose un large éventail de programmes intéressants en matière d’art et de design, mais comme je vivais déjà à l’étranger lorsque j’ai décidé d’étudier le design, je n’ai jamais envisagé d’y étudier.

Pourquoi as-tu choisi L’École de design ?

J’avais entendu dire que L’École de design avait un excellent programme en design produit. C’est dans ce domaine que je souhaitais me spécialiser, ce fut donc un critère important dans ma décision. J’ai effectué des recherches et comparé cette école à d’autres écoles de design. J’ai ainsi réalisé que L’École de design était la seule à remplir un certain nombre de critères définis par le gouvernement (dont je ne me souviens pas avec précision). Et pour finir, sa position géographique était très pratique pour moi.

"Royal Cup’n Café", projet d’Íris Björk Björnsdóttir en collaboration avec Royal Copenhagen.

Tu es dans ta 5ème année à L’École de design. Parle-nous de ton expérience et des raisons qui t’ont poussé à choisir un programme plutôt qu’un autre.

Après avoir étudié le fashion design en Jamaïque et avoir réalisé que ce n’était pas exactement ce que je souhaitais faire, je suis parvenue à la conclusion que le design de produit me correspondait davantage. En arrivant à L’École de design, je savais donc exactement ce que je voulais faire. J’ai effectué ma première année d’intégration et ma deuxième année en Design produit en français, ce qui s’est révélé être très difficile pour moi, puisque je ne parlais pas français lorsque je me suis inscrite à l’école. Lorsque j’ai eu l’opportunité pour ma 3ème année de passer en Classe internationale, un programme entièrement enseigné en anglais et réunissant des étudiants internationaux du monde entier, j’ai été très enthousiaste.

À la fin de mon cycle bachelor, j’avais développé un intérêt plus particulier pour la céramique et j’ai souhaité me focaliser sur les objets de design d’intérieur pour la maison. La cuisine m’a toujours beaucoup intéressée aussi. Le programme MDes Brand Design & Food dans le Design Lab Nouvelles pratiques alimentaires m’a donc paru être un choix logique. Durant le premier semestre du programme MDes, tous les étudiants doivent effectuer un échange ou un stage dans une entreprise à l’étranger. J’ai pensé que ce serait une opportunité pour moi d’approfondir mes compétences dans le domaine de la céramique et de mettre à profit ce temps pour développer mes connaissances. J’ai soigneusement étudié toutes les écoles partenaires et tous les programmes d’échange possibles avant de décider de demander mon inscription à la Royal Danish Academy of Fine Arts and Design à Copenhague. J’ai eu la chance d’être acceptée. J’ai donc étudié le design en céramique dans le cadre de leur programme de master et j’ai pu réaliser un projet de collaboration avec la manufacture royale de porcelaine danoise, Royal Copenhagen.

Faisons un bond de 5 ans en arrière. Que penses-tu de ton intégration avec les autres étudiants ?

À vrai dire, ce fut très difficile pour moi. Je ne maîtrisais pas bien la langue française, j’étais un peu plus âgée que la plupart des autres étudiants. Et pour moi qui étais une personne très extravertie, très confiante, entourée de nombreux amis en Islande, ce fut compliqué de devenir soudain cette personne timide, incapable de formuler mes pensées en raison de la barrière de la langue. J’ai néanmoins eu beaucoup de chance car les étudiants de ma classe ont été adorables et m’ont beaucoup aidé. Pour être honnête, je ne suis pas certaine que j’aurais réussi ma 1ère et ma 2ème années sans le soutien de certaines personnes qui m’ont apporté leur aide dans les moments les plus difficiles de mes études. Le passage à la Classe internationale au cours de ma 3ème année a évidemment tout changé, car tous les cours étaient enseignés en anglais et l’ensemble des étudiants parlait anglais. Il était bien plus facile alors de nouer de nouvelles relations et amitiés.

As-tu noté un choc des cultures entre l’Islande et la France ?

Oui, absolument ! Il existe de très nombreuses différences entre les deux pays, mais l’alimentation est clairement l’une des principales différences que j’ai rapidement remarquées. Ici en France, tout est beaucoup plus « strict » en matière d’alimentation. Normalement, les gens ne mangent certains aliments qu’à certaines heures. Alors qu’en Islande, tout peut vous être proposé à n’importe quelle heure et personne ne dira rien si vous mangez une pizza au petit-déjeuner par exemple. J’ai pu constater qu’une telle chose est impensable en France. Par ailleurs, j’ai été surprise de voir les restaurants fermer entre le déjeuner et le dîner, ou les supermarchés fermer le dimanche et après 20h. Je n’y étais pas du tout habituée.

Je trouve aussi que les Français sont de temps à autre un peu hautains, se préoccupant parfois trop de leur apparence, bien plus que les Islandais. Par ailleurs, lorsque j’explique à des personnes ce que j’ai déjà fait, où j’ai travaillé ou voyagé, elles sont très étonnées d’apprendre que j’ai déjà fait tout cela à mon âge, mais je pense que nous sommes beaucoup plus insouciants en Islande. Après le lycée, nombreux sont ceux qui font une pause pour déterminer ce qu’ils souhaitent faire. Certains commencent à travailler, d’autres voyagent un certain temps et beaucoup essaient différents programmes à l’université avant de choisir définitivement leur voie. Ici, j’ai l’impression qu’un plan est établi. Il faut terminer le lycée, débuter aussitôt après les études supérieures, décrocher des diplômes, effectuer un stage, trouver un emploi et enfin commencer à faire ce que l’on a réellement envie de faire. Selon moi, décider de ce que vous voulez faire pour le reste de votre vie à seulement 17 ans est totalement fou. Je ne connais personne ayant su ce qu’il/elle voulait faire de sa vie si jeune. En outre, vivre de nouvelles expériences et apprendre de ses erreurs est très important pour aider à faire les bons choix pour l’avenir lorsque l’on est si jeune.

Peux-tu nous partager ta plus grande réussite personnelle au cours de toutes ces années à l’étranger ?

Je dirais le fait d’avoir passé ces deux premières années d’études en français, sans réellement savoir parler la langue, avoir obtenu de bonnes mentions et avoir mené à bien des projets dont je peux être fière. Et bien sûr, le fait de maîtriser enfin la langue française après « seulement » cinq ans !

 

"D’o", projet d’Íris Björk Björnsdóttir, Claire Dugast et Margot Lenorais, crée lors du workshop Tyvek.

Est-ce que quelque chose en particulier te manque ?

Oui, ce sont de petites choses, par exemple le climat moins pollué et l’eau en Islande, la meilleure du monde ! Mais ce qui me manque le plus, bien évidemment, est ma famille et mes amis.

 

"Mix & Match", projet d’Íris Björk Björnsdóttir, Estelle Muller et Eve Gergaud en collaboration avec Carrefour pour le développement de leur rayon petit déjeuner.
"LÍF", projet de fin d’études d’Íris Björk Björnsdóttir’s : explorer les solutions potentielles pour réduire l’empreinte écologique due à l’importation de fruits et légumes, en utilisant les ressources du pays.

Quels sont tes projets à la sortie de L’École de design ?

Après environ neuf ans passés à l’étranger, je prévois de rentrer en Islande avec mon petit ami. Nous avons en tête un projet sympa autour du design et de l’alimentation. Nous n’en sommes qu’au début, mais nous le lancerons une fois arrivés en Islande.

Comment t’imagines-tu dans 5 ans ?

Je n’ai jamais vraiment essayé d’imaginer le futur car d’après mon expérience, tout peut évoluer très différemment de ce que l’on pensait. Je préfère vivre et profiter du moment présent, plutôt que de faire de grands projets pour l’avenir.