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Florian Branchet, alumni 2013 : du print à l’IHM

Florian Branchet, alumni 2013 : du print à l’IHM

Du graphisme à l’Interface Homme Machine, la multiplicité des expériences de Florian Branchet témoigne des possibles évolutions de carrière du designer graphique. Interview de ce jeune designer, diplômé en 2013 et aujourd’hui designer IHM chez Renault.

An interview with this young designer who graduated in 2013 and is now working as an HMI designer at Renault

Florian Branchet

Aujourd’hui designer IHM au sein du groupe Renault, tu as pourtant été diplômé de l’école à l’issue d’un programme de cycle master en Nouvelles pratiques alimentaires. Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Florian Branchet : J’ai eu la chance de grandir dans un milieu créatif grâce à mon grand-père, un artiste pluridisciplinaire (peinture, sculpture, modélisation et animation 3D, musique, …), et ma mère qui travaille chez Antalis (fabrication et distribution de papiers de création). Après le lycée, j’ai intégré L’École de design pour apprendre et comprendre les métiers liés à la création, et plus particulièrement au graphisme. J’ai donc débuté mon cursus en cycle bachelor dans la filière design graphique de l’école, alors fraîchement ouverte. Tout naturellement, je me suis spécialisé avec un programme de cycle master en Nouvelles pratiques alimentaires afin de me rapprocher de l’environnement “print” qui me plaisait alors le plus. Les différents projets amenés par l’école ont renforcé ma curiosité ; c’est aujourd’hui un véritable atout d’avoir abordé une telle diversité de sujets pour appréhender les problématiques sous des angles différents. Mon parcours pluridisciplinaire, avec une approche sensible du graphisme à la fois print et digital (du packaging au site internet en passant par la création d’identité et l’animation), me permet aujourd’hui d’avoir un champ d’action plus large.

Projet de fin d’études, Jaffine, cave à fromages

Ta curiosité a-t-elle été assouvie par tes stages ?

Florian Branchet : Les stages que j’ai pu faire aux Pays-Bas chez MisterWilson et Studio Kluif ont vraiment été une opportunité unique d’acquérir une culture et une sensibilité du design très différente de chez nous. Ces agences ont un temps d’avance sur nous ; c’est très enrichissant de voir des méthodologies de travail différentes mais aussi un intérêt tout particulier pour la profession de designer de la part de la population mais aussi – et surtout – des politiques. Ces stages m’ont énormément apporté tant sur un plan personnel que professionnel ; je regrette sincèrement que toutes les écoles de design n’offrent pas à leurs étudiants cette expérience en les incitant à parcourir le monde pour aiguiser leur regard et développer leur ouverture d’esprit.

Tabac Coach - Studio MNID

Peux-tu nous parler de ton premier emploi à l’issue de ton diplôme ?

Florian Branchet : À la suite de mon diplôme j’ai réalisé ma première expérience en tant que designer graphique au sein du Studio MNID, une petite agence de design 360°. Mes cinq années de formation ont rapidement porté leurs fruits et j’ai pu constater que l’enseignement de l’école était en adéquation avec les attentes du marché. Ce premier emploi a été pour moi un vrai tremplin créatif et particulièrement enrichissant. Le fait d’être dans une petite équipe – moins de cinq personnes – a été extrêmement formateur car il faut être autonome et force de propositions : c’est ce qu’on attend aujourd’hui des jeunes diplômés. Commencer son parcours professionnel dans ce type de structure permet de travailler sur un grand nombre de projets et de comprendre réellement tous les aspects de l’entreprise, aussi bien la comptabilité que le management, le relationnel avec les clients et l’aspect commercial… Je garde vraiment un excellent souvenir de cette expérience qui m’a permis de faire mes armes et me construire un book solide dans à peu près tous les domaines du graphisme.

 

Après un stage de 6 mois chez Renault en 5ème année, en 2013, tu n’as pourtant pas intégré l’entreprise à l’issue de ton stage mais 3 ans plus tard. Qu’est-ce qui t’a fait revenir dans ce groupe, en Interface Homme Machine qui plus est ?

Florian Branchet : Effectivement, je ne suis arrivé chez Renault que 3 ans après mon stage de fin d’études. À l’époque il n’y avait pas de poste disponible en IHM. Avec du recul, c’était une chance car j’ai alors pu débuter mon parcours chez MNID. Arriver dans une grande entreprise après avoir eu de l’expérience dans une petite structure est vraiment un atout. Cela permet d’avoir une approche du métier de designer plus large. Je suis retourné chez Renault car c’était une belle opportunité : l’IHM dans le monde de l’automobile est en pleine mutation avec l’arrivée prochaine des véhicules autonomes par exemple. C’est un vrai challenge à relever ! Demain, les voitures ne seront plus de simples moyens de transports mais des lieux de vie offrant toujours plus de services connectés et c’est aujourd’hui que nous devons prendre ce virage. Je crois que j’ai eu la chance de rejoindre l’aventure Renault au bon moment, et que le futur et ses défis sont vraiment excitants.

Interface Renault ULC

Peux-tu nous décrire ton quotidien aujourd’hui ? Sur quels types de projets travailles-tu ?

Florian Branchet : Je travaille au sein du Technocentre de Renault à Guyancourt, un immense bâtiment d’environ 12 000 personnes, mais ‘seulement’ 450 au design. Ce qui est très enrichissant, c’est d’avoir la chance de côtoyer au quotidien un large panel de corps de métiers : designers, maquettistes, ergonomes, développeurs… mais aussi de nationalités : il faut savoir parler anglais ! Il est très rare de pouvoir travailler dans un environnement aussi riche et stimulant. Chaque jour est un apprentissage ! Nous sommes une petite équipe d’une dizaine de personnes sur le plateau à être spécialisée en UX Design, avec à chaque fois une répartition des projets : compteurs, écrans media, ambiance lumineuse, … Nous gérons les trois marques du groupe : Renault, Dacia et Alpine depuis peu. Pour ma part, je travaille sur les prochaines générations d’interfaces qui sortiront courant 2018, et principalement sur la ‘tablette tactile’ des voitures (l’écran média central), mais je collabore aussi énormément avec les collègues sur d’autres projets. C’est un peu comme travailler dans un petit studio de création mais au sein d’une très grande entreprise. En somme, il n’y a que des avantages ! Avec toutefois une organisation quelque peu différente : contacts réguliers avec les autres métiers, processus de validation et de mise en commun des informations, différents niveaux de validation … c’est tout un procédé à apprendre !

 

Comment envisages-tu ton avenir professionnel ? Des envies, des objectifs, des rêves ?

Florian Branchet : Je souhaite voir grandir et mûrir les projets sur lesquels je travaille actuellement, et bien entendu prendre part à la prochaine ‘révolution’ automobile. Les prochains projets de véhicules connectés et autonomes seront d’envergure et les défis encore plus complexes. Tous ces aspects sont excitants et c’est sur ces derniers que je désire travailler demain. Il reste tellement à faire que chaque jour en devient trop court… Et qui sait, peut-être qu’un jour je serai amené à travailler sur des voitures volantes ?