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Définir sa relation au projet de fin d’études grâce à la théorie U

Définir sa relation au projet de fin d’études grâce à la théorie U

Objectifs de la théorie U

Accompagner le changement grâce à la créativité et faciliter la prise de décision grâce à l’intelligence collective sont les objectifs de la théorie U.

Elle s’avère donc très utile aux nouveaux étudiants de 5ème année au moment de mettre en action leur projet de fin d’études (PFE). Comment l’appréhender ? Comment le mener à terme? Par quoi commencer ? Quelle est ma relation au PFE ?
C’est surtout cette dernière question que les étudiants ont pu explorer grâce à 2 jours de formation sur la théorie U animés par Laurence Taconné et Pierre Paris.

La théorie U : un parcours de présence à soi, aux autres, au monde

Formulée par Otto Scharmer, la théorie U accompagne le changement organisationnel et social via un parcours de créativité collective. Grâce aux diverses étapes du U (co-initier, co-observer, co-sentir, présence, cristalliser, prototyper et déployer), ce processus mène à des prises de décision basées sur l’humain, ses ressources profondes, et le sens qu’il veut donner à sa contribution, dans la durabilité.
Il s’agit d’un processus d’accompagnement du changement qui s’appuie sur le présent et sur une vision du meilleur futur, pour se libérer des répétitions du passé et laisser émerger une nouvelle mise en mouvement.
Parce qu’elle accorde une grande place à la qualité de présence individuelle et collective, cette démarche créé les conditions de l’émergence de l’intelligence collective et l’instauration d’une culture d’innovation et de coopération dans les organisations. Formateurs de cette théorie, Laurence Taconné et Pierre Paris, facilitateurs en intelligence collective, ont pu tester cette méthode auprès de 20 étudiants de 2ème année du programme de cycle master Management du design et de l’innovation en apprentissage (MDI), tous volontaires. Pendant 2 jours (les 06/09 et 21/09), ces derniers se sont collectivement interrogés sur leur relation au PFE, point déterminant de leur formation.

La théorie U appliquée aux étudiants en programme Management du design et de l’innovation en apprentissage

Tracer la ligne qui va de l’intention du projet de fin d’études (PFE) à sa concrétisation.

Cette démarche s’applique particulièrement à l’innovation tout en amenant les personnes à réfléchir sur leur « condition intérieure », leur propre relation au PFE. Le choix de ces étudiants n’est pas anodin : tous en apprentissage en entreprise, ils ont déjà acquis une maturité professionnelle et sont capables de comparatif terrain. La formation est également plus centrée sur le management de l’innovation or il s’agissait bien ici de les initier à une nouvelle théorie du management de projet, centrée sur le futur émergent.
Dans le parcours de cette 2ème année du cycle master, les cours « classiques » font place à la préparation du projet de fin d’études (PFE). Il synthétise l’ensemble des compétences professionnelles acquises et peut être mené dans le cadre de collaborations avec une entreprise et/ou des laboratoires de recherche d’une université partenaire. Il sera présenté au jury final qui validera alors en partie le diplôme. Il est donc déterminant et sa mise en action doit être attentive.


L’objectif de la théorie U appliquée aux étudiants est de parcourir la ligne qui part du ressenti actuel de son projet, dans toute sa complexité, pour plonger dans la vision (le rêve) que l’on peut avoir de son PFE et remonter avec de nouvelles inspirations à incarner dans la concrétisation du projet, dès demain et ensuite.
On part ainsi d’une ouverture sensible à la perception, pour convoquer la puissance de l’imaginaire et la traduire ensuite dans une stratégie concrète, réelle.
La 1ère journée du séminaire a porté sur le vécu et l’image du PFE idéal, rêvé, au travers de pratiques collectives (dialoguer avec son PFE, échanger en mode café, savoir présenter son projet aux autres, co-construire une maquette collective, marcher vers sa vision puis l’illustrer), partant du principe que le rêve est l’énergie qui guide l’audace.
La 2ème journée a permis la mise en pratique par d’autres exercices (dialoguer sur son rêve, visualiser le chemin qui permettrait de l’atteindre, sentir comment inclure les résistances, déclarer l’intention du projet en alignant tête/cœur/corps, proposer une action immédiate, échanger les offres et besoins d’aide) qui ont amené les étudiants à synthétiser leurs inspirations et dégager des pistes pour démarrer l’action à partir de leur rêve.

La mise en application : « moi dans le projet »

Grâce à ses 2 journées, les étudiants ont pu « se retrouver dans le projet », « naviguer », « choisir la bonne opportunité », « prendre de la distance/de la hauteur » et ainsi définir leurs actions futures tout en se définissant eux-mêmes. Comme l’a joliment formulé une des étudiantes, il s’agissait de « faire un pas de côté pour mieux avancer », de pratiquer « l’art du détour utile».
En ayant collectivement dévoilé leurs difficultés et réfléchi ensemble aux ressources mobilisables pour dépasser ces barrières, les étudiants ont retrouvé de la confiance et adopté de nouvelles postures de gestion du PFE. L’angoisse individuelle de ne pas savoir par quel bout prendre le projet fait place au maintien du plaisir de faire et d’amener une action à son terme.
L’esprit collectif aussi en est sorti grandi car ils ont émis le souhait d’avoir une plateforme d’échanges où chacun pourrait visionner les PFE des autres (avec ses barrières et ses réussites) pour ensuite travailler ensemble sur l’avancée des uns et des autres. Une expérience revitalisante qui a permis à beaucoup de tracer leur chemin entre désir et réalité…