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Léna Da Costa, portrait d’une apprentie

Léna Da Costa, portrait d’une apprentie

En programme de cycle master Management du design et de l’innovation en apprentissage, Léna Da Costa nous livre ici son retour sur expérience sur ce qu’elle vit à la Fondation Garches.

Léna, quel est ton parcours ?

Lorsque j’étais en troisième, j’ai dû choisir une orientation. Alors que je me prédestinais à une filière S, j’ai découvert le bac « arts appliqués », un bac qui me permettait de faire ce que j’aimais à l’époque : dessiner. J’ai donc en 2009, intégré un lycée avec une section bac STIAA se situant à une heure de chez moi. J’ai toujours aimé dessiner, imaginer et fabriquer. Ce bac m’a fait découvrir les différents domaines du design et m’a permis de m’orienter vers un BTS Design de produits que j’ai réalisé à l’Ecole Supérieure de Design et Métier d’Art d’Auvergne (ESDMAA) à Yzeure (03). Puis, j’ai poursuivi par une Licence professionnelle, « Produit et Packaging » à l’Ecole Supérieure de Design des Landes (ESDL) à Mont de Marsan (40). J’ai effectué cette licence en alternance au sein de la coutellerie DEGLON située à Thiers (63).

J’ai choisi de faire la fin de mon cursus en apprentissage car cela nous plonge dans le monde du travail en nous montrant la réalité de notre métier. Nous travaillons sur des projets concrets, avec des délais, des clients et des budgets. En tant que designer, nous devons donc prendre en considération tous les éléments qui constituent le travail en entreprise pour l’avancement des projets.

Pourquoi avoir choisi L’École de design pour effectuer ton master ? Pourquoi le programme de cycle master Management du design et de l’innovation en apprentissage ?

Après mon BTS Design de produits, j’ai longuement réfléchi à mon avenir et aux formations possibles. C’est à ce moment-là que j’ai découvert L’École de design Nantes Atlantique en discutant avec mes professeurs. A cet instant, plusieurs choix s’offraient à moi, notamment entre une Licence Professionnelle ou un DSAA. Après réflexion, j’ai choisi de faire mes premiers pas dans le monde du travail en intégrant la licence. Puis grâce à cette licence, j’ai pu continuer mon parcours dans ce monde tout en bénéficiant des connaissances apprises en cours, notamment sur la conduite de projet. C’est pour cette deuxième raison que je me suis orientée vers ce programme de cycle master.

Comment as-tu trouvé la structure dans laquelle tu effectues ton apprentissage ?

Pour chercher l’entreprise d’accueil pour mon programme de cycle de master, j’ai entrepris les démarches dès février 2015 près de chez moi, à Vichy (03). J’ai rencontré le gérant de la société Elisée Médical qui conçoit et distribue des produits pour des personnes handicapées, une rencontre possible grâce à un membre de ma famille qui travaille en relation avec cette société. J’ai rencontré plusieurs fois le patron, Fabrice Ulivi, qui me proposait de concevoir un habitat et les produits qu’il contient durant deux ans. Après plusieurs discussions, nous avons décidé de travailler ensemble. Pour cela, il m’a orienté vers la Fondation Garches, avec laquelle son entreprise collabore. Il m’a ensuite mise en relation avec Didier Pradon, ingénieur hospitalier à l’APHP, qui est devenu mon maître d’apprentissage. La Fondation se situe à Garches, près de Paris, au sein même de l’hôpital Raymond Poincaré. En France, c’est un des principaux hôpitaux spécialisés dans l’accueil et le traitement des personnes handicapées. Plonger au sein de cet univers médical et être en contact permanent avec les usagers me permettent de mieux cerner les problématiques liées à mon projet.

Le CFA Design et innovation de l’école a été présent dans la suite de mes démarches. En effet, il m’a suivie et aidée dans mes démarches administratives, notamment avec le contrat de travail. Et il a permis de faire des liens entre les trois entités : École/Entreprise/Élève.

Passer d’une société de coutellerie à un établissement hospitalier... des univers bien différents. Quelles sont les qualités nécessaires afin de réussir son apprentissage ?

Lorsqu’on cherche une entreprise d’accueil pour son alternance, au vu des nombreux refus que l’on reçoit, la persévérance est la première des qualités à avoir. Puis une fois dans l’entreprise, l’organisation est un élément clé. Elle détermine le bon fonctionnement de son année. En effet, il faut savoir gérer les priorités et également savoir faire la part des choses entre entreprise et école. En effet, un élément compliqué de l’apprentissage est de savoir couper sa journée en deux : le travail de l’entreprise pendant la journée et le soir le travail pour l’école.

Pourquoi t’être orientée vers une structure comme celle de la Fondation Garches ?

L’entreprise DEGLON m’a beaucoup appris. L’art de la table est un domaine que j’affectionne tout particulièrement. Cette entreprise m’a permis de travailler autour de l’ergonomie, et ainsi créer une relation entre l’homme et son couteau. Pour la suite, j’avais envie de rendre sa place à l’humain. Le design est souvent mal perçu par les individus, et j’avais envie de mettre l’homme au centre du design. Créer pour et avec la personne. C’est pour cela qu’intégrer la Fondation Garches a été une bonne opportunité. La Fondation recueille les besoins des personnes accueillies au sein de l’hôpital. Elle part donc des besoins des individus pour proposer et concevoir des produits adaptés. Mon travail est directement lié à ce recueil de besoins auprès des personnes concernées.

Quelle est la place du design et de l’innovation au sein d’un établissement hospitalier tel que la Fondation Garches ?

Aujourd’hui, il n’y a pas de designers au sein même de l’hôpital. Cependant, la Fondation Garches dispose d’une équipe de recherche basée sur l’innovation. C’est l’hôpital qui sert de cadre à cette équipe. Il fait remonter les besoins des individus grâce à la proximité de ces personnes accueillies. En effet, c’est une personne handicapée qui vient faire ressurgir une problématique qu’elle rencontre. Mon rôle est alors de recueillir toutes ces informations et d’en tirer des solutions adaptées. Je pars de l’utilisateur pour déterminer au mieux les solutions adaptées à ses besoins et non pas créer un besoin adapté aux solutions.

Il y a environ 5 ans, cette équipe innovation a intégré le design au sein de ses projets. Ils ont travaillé en collaboration avec des ingénieurs et des designers pour concevoir des produits adaptés à la vie des personnes handicapées à partir de l’analyse fonctionnelle des besoins, (par exemple, pour le projet Ditto, un fauteuil roulant). Cette collaboration leur a permis de voir les différentes approches selon le métier, et ainsi de comprendre l’intérêt d’incorporer le designer dès le début du processus de création.

De plus, la Fondation fait parfois appel à des intervenants extérieurs pour travailler sur des projets, par exemple, elle a contacté un designer qui me suit tout au long de mon programme de cycle master.

Quelles sont les problématiques que tu rencontres au quotidien au sein de la Fondation Garches ?

En arrivant en première année de cycle master, j’ai été confrontée à un terrain inconnu : le monde médical. J’ai dans un premier temps appris à me familiariser avec le vocabulaire propre à ce milieu. Puis, le contact avec les professionnels de santé comme les ergothérapeutes, les kinésithérapeutes et les médecins mais aussi avec les ingénieurs a enrichi ma vision et mes projets. Et ainsi, cela m’a permis d’avoir des bases pour pouvoir enchainer ma deuxième année. En effet, ce contact quotidien avec différents corps de métiers m’oblige à savoir dialoguer avec eux pour faire avancer les projets ensemble. C’est donc une des problématiques principales et quotidiennes que je rencontre.
De plus, une problématique quotidienne est le contact avec les personnes handicapées. En effet, selon les pathologies et au sein même d’une pathologie, les capacités et les besoins sont différents. Il est donc primordial de connaître ces personnes pour proposer des solutions adaptées. Pour cela, la fondation permet le contact permanent avec ces personnes.

Quelle est ta définition du design ?

La définition du design n’est donc pas une question évidente. Pour moi, le design est encore mal perçu, souvent trop limité à l’esthétique. Or, le design est un tout. On répond à une fonction, à un besoin avant tout, en apportant une valeur ajoutée grâce à l’esthétique. J’aime à penser également qu’être designer, en tout cas le designer que je souhaite être, doit partir des besoins de l’humain pour créer et non pas créer et proposer ensuite à l’homme.

Qu’imagines-tu pour l’avenir ton diplôme en poche ?

Je n’ai pas encore vraiment réfléchi. Néanmoins, je me pose de plus en plus la question. Sûrement l’étranger ! Je suis notamment intéressée pour travailler dans le cadre d’un V.I.E (Volontariat International en Entreprise). J’ai d’ailleurs commencé à chercher une entreprise d’accueil.