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De l’ingénieur qualité au facilitateur de la démarche de Design Thinking

De l’ingénieur qualité au facilitateur de la démarche de Design Thinking

Episode 1/4 : depuis l’ingénierie

La soutenance de fin de formation pour le parcours « Faciliter une démarche de Design Thinking » s’est tenue le 29 mars 2021. Jérôme Bouchez, animateur et conseiller en conduite du changement, fait partie des apprenants certifiés. Qualiticien de formation, habitué à la recherche de solutions dans l’industrie, Jérôme a peu à peu découvert une certaine porosité entre les méthodes utilisées et comment passer de ingénierie au design thinking.

Pendant 25 ans, Jérôme Bouchez a œuvré dans l’industrie automobile et aéronautique en tant qu’ingénieur qualité. Lors de sa dernière mission chez un industriel du secteur aéronautique, il était au croisement de la qualité, la sécurité, l’environnement et la communication. Un poste d’animateur de la conduite du changement qui le met en contact avec tous les employés, les clients, les fournisseurs, les auditeurs…

Pour arriver à créer des synergies entre eux, il a l’intuition qu’il lui faut une méthodologie, une démarche structurante en amont de la qualité.

"Une meilleure connaissance de l’avant-projet est nécessaire. Comment, à partir d’une idée, peut-on faire pour faire converger toute une équipe vers un projet qui implique chacun des acteurs, qui soit attractif, faisable et viable ?”

Un glissement naturel

C’est là qu’il découvre la formation "Faciliter une démarche de Design Thinking” et le Double Diamant.

Certains aspects lui étaient déjà familiers. "Dans la démarche de conduite du changement par exemple, nous faisons confiance à l’intelligence collective. C’est grâce à la cohésion du groupe projet que nous pouvons résoudre des problèmes complexes. Donner la parole aux gens, laisser chacun s’exprimer ses idées sur une problématique ou une proposition d’amélioration." La base de cette méthode est également celle du Design Thinking.

Il en est de même pour les outils comme le CQQCOQP. "Dans la résolution de problème, nous posons immédiatement ce cadre. Répondre d’abord au quoi, quel est le problème, pour qui… Afin de se poser les bonnes questions et ne pas partir sur de mauvaises pistes de solutions. La recherche de solutions est inhérente au métier de la qualité. La solution doit être simple, utile et plaisante pour l’usager (le client). Il y a une certaine porosité entre les démarches." Même si cela n’était pas formalisé, un embryon de la démarche de Design Thinking était déjà là : Jérôme n’attendait qu’à la structurer et l’expérimenter.

À qui conseiller la démarche de Design Thinking ?

"Je conseillerais la démarche de Design Thinking à une équipe projet pluridisciplinaire car mélanger des membres créatifs dans leur domaine est toujours plus efficace." Chacun apporte une facette de la solution, c’est le "Oui et" plutôt que le "Oui mais."

"Pour certains, il est difficile de se concentrer d’abord sur l’attractivité d’un concept, puis la faisabilité et la viabilité économique. Instinctivement, nous pensons prioritairement à la faisabilité et aux coûts de la solution, à l’objectif qualité que l’on veut et à sa date de mise en oeuvre. Or, il faut parfois sortir du triptyque cout-délai-qualité pour se focaliser sur le "Quoi", c’est-à-dire répondre à la problématique initiale. Ce n’est pas une démarche évidente. Pour certains, des freins culturels peuvent émerger."

Pour lever les freins culturels, il est souvent indispensable de passer par un prototype, même basse définition. Essayer, faire, montrer, analyser, réessayer... En avançant progressivement, on arrive à faire germer la graine du possible.

"Pour cela, il faut accepter de lâcher prise, laisser s’exprimer sa créativité par le biais du jeu. Frotter la corde de l’enfant qui est en nous tout en respectant les règles communes et en gardant l’objectif du livrable."

Cette passerelle entre l’esprit créatif et cartésien est l’essence même du facilitateur : faire travailler ensemble un groupe, lever les freins, laisser la parole à tous pour faire émerger, grâce au collectif, une solution commune que chacun peut porter à son niveau.

Quel projet pour demain ?

Alors qu’il quittait un sous-traitant d’Airbus et entamait sa formation en octobre 2019, Jérôme a saisi l’occasion pour développer sa structure indépendante de conseil en organisation qualité. C’est sur un nouveau projet qu’il se lance aujourd’hui en créant, avec un collectif, un espace co-working le LOWCAL. Le but : créer ensemble un espace collaboratif et convivial qui permettrait aux télétravailleurs et indépendants de se rencontrer pour travailler en réseau.

"Il ne s’agit pas seulement de location d’espaces mais aussi et surtout d’un lieu d’expérimentations, d’évènements fédérateurs permettant de s’inspirer, se rencontrer ou de brasser les idées."

Jérôme a pu mettre en pratique les méthodes et outils qu’il avait acquis durant la formation, parfois même dans la foulée, afin de concrétiser ce projet avec un collectif de créateurs, composé notamment d’un graphiste, d’un commercial, d’une architecte, d’une ingénieure, d’un designer d’intérieur, d’une expert-comptable et d’un assistant maître d’ouvrage.

Un projet au croisement de ses compétences puisqu’il mêle la facilitation, l’animation de groupe et l’évènementiel.

Le "prototype" appelé "LOWCAL21é est une maison aménagée en espace co-working qui devrait voir le jour en septembre 2021 à Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique). Un Lowcal 22 réalisé en modules préfabriqués est en étude en collaboration avec la mairie et sur un terrain beaucoup plus grand.