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Faire carrière à l’international : retour d’expérience pour 3 anciens

Faire carrière à l’international : retour d’expérience pour 3 anciens

Depuis 1988, L’École de design a formé plus de 1500 designers, BTS, Licence Professionnelle et Bac +5. 2/3 des diplômés ont une activité liée à l’international ou travaillent à l’étranger pour développer leur carrière. Quelles sont les perspectives à l’étranger pour eux ? Comment ont-ils fait ce choix ? Quelles implications sur leur métier et leur vie ? Entretiens croisés avec 3 designers internationaux, Cynthia Bodin, Jean-Christophe Naour et Marie Piet.

Quel est votre parcours professionnel ?

Marie Piet (alumni 2002) : Je dirige actuellement le département design du Chocolate Centre of Excellence, à Broc en Suisse. C’est un centre de Recherche et Développement Nestlé dédié au chocolat. Nous sommes un centre d’innovation qui a pour but de proposer de nouvelles expériences au consommateur, grâce à une approche holistique. J’ai précédemment travaillé dans un centre de recherche Nestlé dédié à la glace, en France.Avant d’intégrer Nestlé, j’ai passé deux ans dans un studio de design alimentaire à Paris, Enivrance, une petite équipe de designers et de graphistes, avec pour clients les principales industries agro-alimentaires européennes. Et avant tout cela, juste après mon diplôme, j’ai travaillé en freelance dans des domaines très variés.

Jean-Christophe Naour (alumni 2007) : Je suis Senior Designer (UX Division / Visual Display Department) chez Samsung Electronics en Corée du Sud depuis 2012. Auparavant, de 2007 à 2012, j’étais Interaction Designer (Team Leader / UX Division) chez Innoiz Interactive également en Corée du Sud.

Cynthia Bodin (alumni 2001) : Je travaille actuellement chez Lego, à Billund au Danemark.

Poly Export - Jean-Christophe Naour

Ce parcours correspond-il à celui que vous aviez imaginé lorsque vous étiez étudiant ?

Marie Piet (alumni 2002) : Je n’ai pas vraiment suivi le parcours que j’avais imaginé, surtout pour le côté food design. À l’époque de mes études, le design n’avait pas encore franchement mis un pied dans ce domaine, il y avait seulement quelques initiatives éparses. Je ne pouvais donc pas me projeter dans cette catégorie de produits. Mais pour la partie designer intégré, oui c’est un statut qui m’attirait. Vivre les choses de l’intérieur, comprendre comment une marque se construit, se lie avec ses consommateurs, et aussi vivre la production de ses créations en direct, sans intermédiaire, c’est très enrichissant.

Jean-Christophe Naour (alumni 2007) : Etudiant je n’avais pas de vision précise de ce que je voulais faire. Néanmoins une chose était sûre, je voulais évoluer dans un domaine liant art et technologie. Après un passage à l’université en sciences et informatiques, j’ai intégré L’École de design où j’ai découvert ma véritable vocation. Après toutes ces années, je ne me retrouve finalement pas si éloigné de mes rêves d’étudiant, si ce n’est que cette vision n’a depuis cessée d’évoluer.

Cynthia Bodin (alumni 2001) : Étant étudiante, à partir de la 4e année, j´ai commencé à m´orienter vers le design pour enfants, et à porter un intérêt particulier pour le jouet. Mais je n´imaginais pas arriver chez Lego, la réalité a un peu dépassé mes rêves.

"Life of George" Lego - Cynthia Bodin

Quelles ont été vos réussites, vos difficultés rencontrées dans votre carrière ?

Marie Piet (alumni 2002) : Les difficultés ont été surtout à la sortie de l’école, trouver sa place sans réelle expérience, ce n’est pas évident. Il faut être préparé à ne pas voir beaucoup de portes s’ouvrir. Mais une fois que la bonne s’ouvre alors tout s’enchaîne et les beaux projets arrivent ! Mon poste actuel est une réussite personnelle, d’abord car l’aliment est un domaine qui me passionne, puis parce qu’être responsable du design dans un centre R&D au sein d’une entreprise comme Nestlé engage beaucoup de responsabilités. La portée de nos créations est mondiale et nous avons beaucoup de visibilité.

Jean-Christophe Naour (alumni 2007) : Travaillant en Corée, la langue et la culture ont toujours été un élément perturbateur. Mais même si, avec le temps, j’ai commencé à jouer avec ces différences, celles-ci m’ont avant tout appris à prendre des risques et à ne jamais se limiter à mes acquis.

Cynthia Bodin (alumni 2001) : Quelques petites difficultés ont été liées à la barrière de la langue, et la culture de travail différente de celle en France. Mes réussites ont été quelques produits que j´ai créés qui se sont distingués sur le marché et ont reçu des prix, malgré le « risque » de départ car innovants pour Lego. Je le dois aussi à la confiance de mes managers.

Au regard de votre parcours, avez-vous des conseils à donner aux nouvelles générations de designers ?

Marie Piet (alumni 2002) : D’abord il faut être curieux, se bâtir une bonne culture générale pour être tout terrain. Et cette curiosité ne doit jamais s’arrêter. L’envie d’apprendre doit être, je pense, le cœur du caractère d’un designer. Pour cela, il faut aimer travailler en équipe ou en collaboration avec d’autres métiers, car sans eux, nous ne pouvons pas créer. Ensuite il faut savoir être patient à la sortie du diplôme. Ne pas tout vouloir tout de suite, savoir gravir les échelons petit à petit. Il y a beaucoup de concurrence sur le marché. Et il ne faut pas rêver, 5 ans d’études ne donnent pas un designer confirmé, il y a encore tellement de choses à apprendre en passant de la théorie à la pratique ! Et enfin "have fun", nous avons la chance d’exercer un métier qui est une passion, alors il faut en profiter et faire transparaître cela dans chaque nouveau projet.

Jean-Christophe Naour (alumni 2007) : Etre curieux, expérimenter, se perdre.

Cynthia Bodin (alumni 2001) : Je dirais : ayez des rêves, ayez confiance en votre travail tout en étant à l´écoute. N´ayez pas peur de prendre des risques et de vous distinguer. Développez votre réseau national et international et sachez saisir les opportunités.