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Nadim Raad & Andrews-Junior Kimbembé, UX Designers chez Google

Nadim Raad & Andrews-Junior Kimbembé, UX Designers chez Google

À l’occasion d’un workshop prospectif à Nantes avec les étudiants du cycle master Culture numérique, entretien croisé avec nos deux diplômés sur leur expérience californienne chez le géant de Moutain View.

Andrews Junior Kimbembé - UX Designer - Google

Vous êtes tous deux diplômés récents de L’École de design (2009 et 2013). Quel est votre profil, où travaillez vous aujourd’hui et quelles sont vos fonctions et vos responsabilités ?

A.J. Kimbembé : Depuis 3 ans, je suis designer pour Google, basé à Mountain View, Californie. J’y ai travaillé au sein de plusieurs équipes, notamment celles des outils de traduction, du moteur de recherche et désormais d’Android. Je fais partie d’une équipe dédiée au design des interfaces vocales et de la recherche prédictive (Google Now) et mon focus est sur tout ce qui touche au domaine automobile.
Avant Google, j’ai effectué un passage chez Canonical à Londres, société éditrice du système d’exploitation Linux Ubuntu. J’y travaillais sur une solution de stockage en ligne. Encore avant ça, j’étais basé à Paris, au Médialab de Sciences Po. Je faisais parti d’une équipe pluridisciplinaire (ingénierie, recherche et design) ayant pour but d’innover dans les méthodes pour les sciences politiques et les sciences sociales.

N. Raad : J’ai rejoint Google, Mountain View (Californie), en stage lors de ma dernière année à L’École de design en 2013, à la suite duquel j’ai obtenu un poste de designer au sein de l’équipe Social, travaillant notamment sur des produits tels que Hangouts et Hangouts on Air. Depuis mai 2014, j’ai intégré une équipe dont l’activité reste confidentielle pour l’instant, mais où mes activités ont évolué puisque je suis aujourd’hui responsable d’un produit complet. Avant Google, j’ai vécu plusieurs expériences enrichissantes à Behance (Adobe, New York), et Sennep (Londres). Par ailleurs, je suis associé au sein d’un studio de design et de consulting, MANYFOLD, que j’ai eu la chance de co-fonder avec mon frère Kaz.

Nadim Raad - UX Designer - Google

Vous serez à Nantes du 17 au 19 décembre pour animer un workshop intensif avec les étudiants de cycle master Culture numérique de L’École de design. Quel est le sujet abordé et qu’attendez vous de l’exercice ?

A.J.K. : Aujourd’hui, les quantités d’informations personnelles qui sont disponibles pour chaque utilisateur sont beaucoup plus conséquentes que lorsque que j’ai été diplômé. Le stockage devenant très abordable, la démocratisation de produits tels que Gmail ou Dropbox a changé la manière dont les gens stockent leur données personnelles. On assiste également à une vague d’appareils connectés qui mesurent d’autres types d’information générée de manière plus passive. C’est un paysage différent qui est offert aux nouveaux designers et c’est intéressant de voir quelle sera leur approche.

N.R : Nous allons aborder une réflexion autour de la consultation de nos propres souvenirs dans le temps. Nous allons principalement inviter les étudiants à conceptualiser et imaginer des interfaces de navigation/consultation pour des données qui peuvent être complexes et surtout très nombreuses. Il sera intéressant de voir ce que les nouveaux designers proposent sur un sujet aussi complexe que les données personnelles : comment naviguer dans une masse d’information si grande ? Quelle expérience et quel service peut-on imaginer pour les générations à venir ? Le workshop s’organisera sur 3 jours donc nous nous attendons à un événement intense et riche en idées !

Vous avez fait le choix de la Californie pour votre parcours professionnel, qu’est ce que cela veut dire être designer français dans la Silicon Valley ?

A.J.K. : La Silicon Valley est incroyablement internationale et au niveau du travail, je ne suis pas vraiment sûr qu’il existe une spécificité très française pour les designers, surtout en comparaison avec les autres designers originaires d’Europe. Au niveau personnel, c’est intéressant de travailler sur des projets qui, en général, vont toucher énormément d’utilisateurs.

N.R : Je suis d’accord avec ce que dit Junior sur le fait que la Silicon Valley est très bien représentée au niveau des nationalités et des cultures. Cependant, être designer français possède certains avantages ici. Par exemple, aux États-Unis, un “visual designer” et un “interaction designer” sont souvent considérés comme deux fonctions différentes et on se retrouve sur un projet avec un visual designer et un interaction designer. Ce que je remarque, c’est qu’un designer français qui choisit la Silicon Valley va avoir dans son bagage technique les deux fonctions : visual et interaction. Ceci est dû notamment à une formation telle que celle de L’École de design, qui enseigne les deux domaines et permet d’assurer les deux fonctions en même temps.