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Clément Menant, formateur au prototypage web

Clément Menant, formateur au prototypage web

Entretien avec Clément Menant, UX/UI designer et intervenant à l’école en design d’interactivité

Alumni 2012 et UX/UI designer chez Troopers, Clément Menant forme les étudiants de Cycle bachelor Interaction design aux outils Sketch, InVision et Principle.

Quel est votre parcours ?

J’ai fait mes études à L’École de design Nantes Atlantique. Pendant ma formation, j’ai pu effectuer différents stages et un séjour d’études de 5 mois à Saint Pétersbourg, en Russie. A mon retour en France, j’ai choisi d’intégrer le double cursus à l’IEMN – IAE de Nantes, j’avais envie de compléter ma formation avec une vision plus business et commerciale. J’ai ensuite rejoint une jeune start-up à Paris, Zenchef, pour effectuer mon stage de fin d’études. Ce stage s’est révélé être une très belle expérience car c’était la première fois que l’entreprise intégrait un designer en interne. J’étais donc le seul designer et je devais être force de proposition sur les projets à mettre en place. Ce dernier stage m’a permis d’être autonome et m’a donné l’opportunité de concevoir une application mobile. J’ai été diplômé en 2012 en Interfaces tangibles avec également un Master en Administration des Entreprises option Design management. J’ai réussi à décrocher plusieurs entretiens d’embauche grâce aux différents projets que j’ai réalisé pendant mon stage de fin d’études et c’est là que j’ai rencontré les fondateurs de l’agence Troopers via la Cantine numérique.

Que fait Troopers, la société pour laquelle vous travaillez et qu’y faites-vous ?

Troopers est une agence web, avec historiquement une forte expertise en développement dans le framework PHP Symfony. J’ai rejoint l’équipe il y a bientôt 5 ans pour développer l’activité de l’agence en intégrant le design d’interfaces en amont des projets, avant même le développement.
Auparavant l’agence ne disposait pas des compétences en interne pour assurer une couverture totale des projets de ses clients. J’ai donc, avec l’équipe en poste mis en place différents types de livrables, des ateliers de co-conception, et une méthode/workflow pour concevoir, refondre et améliorer les projets de nos clients et pour pouvoir séduire d’autres types de clients qui souhaitent passer par une agence pour à la fois les conseiller sur leurs idées, produits ou services numériques, les prototyper et les développer.

Nous avons désormais plusieurs départements au sein de l’agence (développement back, développement front, design UX/UI, webmarketing et conseils/assistance à la maîtrise d’ouvrage). Nous mettons aussi en place des formations sur différentes thématiques (plutôt techniques) pour former des étudiants et/ou des professionnels à nos méthodes. Nous sommes donc devenus une agence qui peut gérer un projet web de A à Z. Nous avons aussi créé différents projets en interne : Victoire et Planck. Victoire est un CMS (Content Management System) donc un outil qui permet de gérer le contenu d’un site internet. C’est un outil qui est conçu à la fois pour les développeurs et à la fois pour les personnes néophytes. L’idée est d’avoir une interface en front-end édition pour créer du contenu dynamique et statique sur le site. Notre objectif principal avec cet outil était de pouvoir se détacher des tâches à faible valeur ajouté comme changer le contenu éditorial d’un site et de se concentrer sur d’autres tâches plus valorisantes telles que la création ou la conception de nouvelles fonctionnalités. Planck est un outil de gestion de projet. Nous n’avons jamais réussi à trouver l’outil qui correspondait vraiment à nos méthodes. Nous avons choisis de concevoir le nôtre. Planck permet de gérer des projets de design, des projets de développement et la maintenance du site (tickets, recettes, bugs). La plateforme est uniquement accessible à nos clients pour le moment.

Plutôt UX ou plutôt UI ?

La formation à L’École de design est très axée sur la conception de services avec aussi une partie technique très importante et diversifiée. J’ai donc une formation plutôt UX. Cependant, j’ai toujours considéré que l’un ne va pas sans l’autre et que l’expérience sur un site internet ou une application est toujours fortement influencée par l’UI (ambiance, univers, ergonomie ect.). Les méthodes UX pour la conception d’interfaces permettent de mettre à l’épreuve le service/produit et de se poser les bonnes questions pour la conception des parcours utilisateurs.

Vous intervenez depuis octobre 2017 à L’École de design. Quels types d’interventions / applications ?

J’interviens en troisième année de Cycle bachelor en Design d’interactivité pour former les étudiants sur de nouveaux outils : Sketch / InVision / Principle pour faire du prototypage web ou du prototypage d’applications natives. J’apprends également aux étudiants à avoir un regard critique sur une interface en leur inculquant des notions de base en ergonomie Web. L’idée principale de ces différents modules est de rendre les étudiants autonomes dans la réalisation de leurs différents projets grâce à un panel d’outils nouveaux et en lien avec le marché du travail.

Qu’est-ce que les interventions à L’École de design vous apportent professionnellement ?

Le fait d’intervenir à L’École de design m’apporte plusieurs points : le recul sur mes méthodes de travail, la pédagogie et l’empathie qui servent toujours à titre professionnel ou personnel. D’un point de vue plus professionnel, mes interventions me permettent d’apporter plus de crédibilité vis à vis de nos futurs partenaires à l’agence. Elles permettent aussi de développer le département design grâce à une plus forte visibilité pour recevoir des candidatures de stages, d’alternances, ou de postes à temps plein.

En tant qu’ancien de l’école, qu’est ce qui fait pour vous la force de L’École de design ?

Je pense que la forte valeur ajoutée de cette école réside dans sa capacité à faire en sorte que les étudiants réussissent à apprendre par eux-mêmes et être autonomes après leurs études. Les profils de carrière des anciens sont divers et variés (en France ou à l’étranger) et notre métier évolue énormément. De nouveaux outils et de nouvelles technologies font leur apparition tous les ans, il faut donc réussir à s’auto-former en permanence pour sans cesse s’améliorer. L’École de design possède un réseau d’entreprises important et leurs jeunes diplômés trouvent rapidement du travail. Cela prouve que les formations proposées font sens et que les débouchés sont là.

Si vous deviez donner en 3 lignes une définition au web design ?

Pour faire court et simple c’est avant tout de l’empathie. Il faut avoir un esprit de synthèse, un sens artistique, créatif et technique. Le web design est un métier qui évolue rapidement. Il faut concevoir une interface qui soit suffisamment modulable pour être consultés sur une grande diversité de supports numériques (téléphones, tablettes, ordinateurs etc.).

Comment vous tenez-vous au courant des dernières tendances en web design ?

Pour chercher de l’inspiration, je consulte régulièrement des sites comme land-book.com, tympanus.net, codyhouse.co, codepen.iodribbble.com et j’utilise muz.li comme page d’accueil de mon navigateur web pour avoir un flux d’inspiration en continu. J’utilise aussi beaucoup medium.com pour la diversité et la qualité des articles. La simplicité avec laquelle on accède au contenu et la transversalité des supports : je sauvegarde un article que je peux lire plus tard sur mon mobile par exemple.

Le(s) conseil(s) que vous prodiguez aux étudiants pour se préparer au mieux aux Olympiades des métiers ?

Je conseille aux étudiants de toujours prendre en compte les principaux facteurs humains qui font qu’une interface est bien conçue (accessibilité, flexibilité et robustesse). Je leur conseille également de privilégier l’accès au contenu de manière simple, intuitive et techniquement à leur portée et d’utiliser des outils qui permettent de ne pas perdre de temps dans les différentes étapes de conception (Sketch + Craft + InVision + Principle). L’épreuve en web design englobe des capacités techniques et créatives dans un temps imparti. Il faut donc pouvoir mettre toutes les chances de son côté pour booster la productivité.