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Christelle Doutey, portrait d’alumni

Christelle Doutey, portrait d’alumni

Alumni 2015, Christelle Doutey a réalisé tout son parcours d’études en apprentissage. Elle est aujourd’hui consultante freelance en design global et collabore sur des projets d’Airbus depuis octobre 2017. Retour sur ses études et son début de vie professionnelle.

Christelle Doutey

Peux-tu revenir sur ton parcours de formation ?

J’ai commencé par un Bac STI Arts Appliqués à la Joliverie à Nantes. Les différents cours m’ont donné envie de poursuivre vers le design produit. J’ai donc continué au Lycée Jean Monnet aux Herbiers en BTS Design de produits. Ces deux années m’ont permis d’avoir une première approche du design global et de constituer des projets cohérents. Ayant des lacunes en cours de technologie, j’ai décidé de m’orienter vers la Licence option Matériaux, Modélisation et Design de Produits à L’École de design Nantes Atlantique et en alternance avec l’entreprise RPC Promens. Cette licence m’a vraiment permis d’approfondir les différentes techniques de fabrication. J’ai souhaité ensuite poursuivre mes études en alternance, ayant beaucoup apprécié ma première expérience. J’ai poursuivi avec le cycle master Management du design et de l’innovation, à L’École de design en réalisant mon alternance au sein de la Maison Veuve Clicquot.

 

Qu’est ce qui t’as le plus marqué au sein de ta formation et pourquoi ?

J’ai particulièrement apprécié les workshops. Ils nous permettaient de nous concentrer pendant plusieurs jours sur un thème donné et de ne travailler que sur ce projet. J’ai aimé les cours en management pour avoir une vision efficace du travail en groupe, savoir gérer des équipes. L’alternance a fait partie intégrante de mes trois années au sein de L’École de design et je recommande vivement ces formations qui permettent d’avoir un premier pas en entreprise.

Artfeelings, projet de fin d’études de Christelle Doutey

De quoi es-tu la plus fière au sein de ton parcours d’études et de ton début de parcours professionnel ?

J’ai été particulièrement fière de mon projet de fin d’études sur les émotions des visiteurs face aux œuvres d’arts : Arfeelings. Ça m’a vraiment permis d’avoir un autre regard sur ma pratique du design et de développer des outils méthodologiques liées aux émotions. Sur ce projet, j’ai eu la chance d’avoir pu collaborer avec de nombreux professionnels du Musée du Louvre, qui ont pris le temps de m’écouter, nos échanges ont été une vraie révélation pour mon projet. J’ai obtenu la meilleure moyenne de ma classe sur ce projet de fin d’études et cela a été une fierté pour moi.

 

Comment définis-tu le design ?

C’est une question très intéressante car beaucoup de designers peuvent avoir des définitions légèrement différentes. Pour moi le design est avant tout une méthodologie qui permet d’aboutir à des projets réfléchis et cohérents. En fonction des projets, je vais donc utiliser différents outils, comme l’ergonomie, l’expérience utilisateur, le design émotionnel…

Depuis l’obtention de ton diplôme en 2015, qu’as-tu fait ?

En sortant de mes études, l’entreprise où j’ai réalisé mon cycle master, Veuve Clicquot, m’a directement proposé de travailler pour eux comme freelance. Ayant eu une excellente expérience au sein de leur maison, j’ai donc débuté mon auto-entreprise à la suite de mes études. Mes débuts en tant que freelance m’ont permis de me libérer du temps pour approfondir la langue anglaise au sein d’un centre de langues. J’apprécie de pouvoir organiser mon emploi du temps pour me libérer des heures à faire des activités qui viennent nourrir mon travail et mes réflexions.

Mobilier pour Airbus

Aujourd’hui tu es consultante freelance en design global. Sur quels types de projets travailles-tu ?

Mes projets sont très divers et c’est ce que j’apprécie. Je travaille principalement sur l’ADN des marques que ce soit en espace, produit ou graphisme. Je travaille aujourd’hui principalement dans le secteur du luxe et le haut de gamme. Pour les Maisons de luxe, je travaille principalement sur leurs chartes graphiques, documents institutionnels et publicités. Pour Airbus, j’ai réalisé du mobilier, repensé une salle de réunion, collaboré avec les équipes pour imaginer un langage graphique. Lorsque j’ai du temps de libre, je travaille sur des carnets de tendances et sur le design émotionnel.

 

Tu viens de participer à un projet de mobilier afin de valoriser le patrimoine industriel d’Airbus dans une démarche d’économie circulaire. Comment as-tu eu connaissance de ce projet au départ interne à Airbus ?

Mon expérience avec Airbus a débuté en octobre 2017, L’École de design nous avait envoyé un mail pour participer à un hackathon, un challenge sur trois jours pour Airbus. Ma candidature a été retenue et j’ai pu prendre part à cette aventure. A ce moment-là je ne connaissais encore rien au monde de l’aéronautique. C’est ce qui a fait ma force au sein de mon équipe car j’ai pu apporter une autre vision. Finalement c’est mon équipe qui a gagné sur un projet lié au recyclage des déchets. Étant la seule designer de mon équipe, j’ai très vite été sollicité par le Technocentre, centre d’innovation d’Airbus. Le projet A Piece of Sky a démarré quelques mois avant le hackathon et il traitait de la même thématique que notre projet. J’ai donc connu les deux fondateurs -initiateurs du projet à la suite du hackathon et quelques mois après, ils m’ont proposé de travailler ensemble sur leurs projets d’upcycling de pièces aéronautiques.

 

Comment s’est développé ce projet ?

J’ai fait plusieurs déplacements sur Toulouse pour rencontrer les fondateurs et discuter ensemble du projet. Ils m’ont présenté les pièces et j’ai choisi de travailler sur le radôme d’un A350 et les hublots. Ces pièces me faisaient rêver et je souhaitais les sublimer. J’ai été mise en contact rapidement avec l’ingénieur des radômes et nous avons pu choisir ensemble le modèle qui allait être réalisé. Le fauteuil a été édité en seulement deux exemplaires. Pour les tables basses je souhaitais un projet plus démocratique et qui pourrait facilement s’installer dans un intérieur, j’ai donc imaginé différents pieds que l’on pourrait visser facilement sur les hublots. Ça a été un vrai travail d’équipe entre l’ingénieur, les fondateurs, les artisans et moi-même.

Quel a été ton rôle dans le projet ? et qu’est ce qui tu as aimé dans la concrétisation de ce projet ?

J’ai été designer produit. A ce titre, je me suis questionné sur les pièces, leurs utilités et voir comment on pourrait les transformer en objets utiles. J’ai également dû trouver des artisans pour réaliser les pièces et j’ai particulièrement été fière d’avoir travaillé avec deux artisans de la région nantaise. J’ai été impressionnée par la liberté de créations que les fondateurs nous ont tous accordés, malgré les pièces techniques qui nous étaient confiées. J’ai particulièrement aimé gérer le projet du début à la fin et d’avoir pu prendre part aux noms des produits et des textes descriptifs. J’ai également pu assister au shooting des produits et discuter avec les photographes. Pendant de nombreux mois les projets étaient confidentiels. Les présenter au public lors de la conférence de presse a été pour moi une vraie consécration.

Comment t’imagines-tu dans 5 ans ?

Je ne pensais pas il y a cinq ans en être là aujourd’hui et travailler pour des marques si prestigieuses. Dans cinq ans je ne sais pas où j’en serais, mais je suis à l’écoute de chaque opportunité qui se présentent à moi. J’espère juste continuer à être sur un nuage tout en gardant les pieds sur terre.