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Chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation

Chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation

La chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation créée en mai 2018 repense l’innovation et la disruption dans nos territoires pour être source de création de valeur économique, sociale et écologique. Partenaire du hub Nantes Métropole de la chaire, L’École de design Nantes Atlantique créée des liens fort entre la recherche et les acteurs socio-économiques privés et publics. Consciente des enjeux et des transformations des territoires, de la nécessité du design et de l’innovation dans la ville de demain, l’école s’investit activement dans cette chaire.
Suite au lancement du hub de Nantes le 20 septembre 2018, l’école s’est entretenu avec Carlos Moreno, directeur scientifique et co-fondateur de la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation dont l’objectif est de créer de la valeur économique, sociale et écologique dans nos territoires.

 

Pr Carlos Moreno © Sylvain Leurent

Vous êtes un expert international de la Smart City et vous aviez déjà créé Live in @ living city, qu’espériez-vous avec la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation ?

Ce que nous voulons faire avec la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation, c’est développer un réseau académique universitaire de recherche qui soit au cœur des problématiques territoriales en France et dans le monde. Et pour cela la chaire doit s’appuyer sur les territoires, sur les ressources académiques universitaires et également sur le secteur privé afin de travailler ensemble pour défricher des thématiques communes concernant le triple enjeu de la chaire : l’enjeu environnemental, l’enjeu social et l’enjeu économique de nos territoires.

Comment s’est déroulé le lancement de la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation ? 


La chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation a été lancée officiellement le 22 mai 2018 à Paris via une cérémonie co-présidée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, dans le cadre d’une collaboration entre l’IAE Paris Sorbonne Business Schooll’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le think tank Live in @ living city. Nous sommes donc 3 co-fondateurs de cette chaire. La Maire de Paris m’a totalement soutenu pour que cette chaire puisse exister. Juste avant le lancement de la chaire a eu lieu un déjeuner qui a permis de parrainer la naissance de la chaire avec la présence du prix Nobel de la paix 2006, le professeur Muhammad Yunus. Le lancement de cette chaire s’est fait avec la présence de nos mécènes privés : GFI, société informatique présente dans le monde entier, EDF, le groupe ICADE, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations et le groupe SNEF. A cela s’est rajouté les conventions passées avec les collectivités territoriales associées à la chaire dont la Métropole de Nantes.

Qu’est ce qui s’est concrétisé / réalisé depuis son lancement ?

La chaire est extrêmement dynamique car elle rassemble en France et à l’étranger beaucoup d’acteurs. L’activité de la chaire se fait sur plusieurs axes : l’axe recherche-projet, l’axe réflexion et communication et l’axe du lien avec les territoires.

Sur l’axe recherche-projet, depuis la création, nous avons co-animé avec les Ateliers de Cergy, un de nos partenaires, un groupe de réflexion qui concerne les architectes, les urbanistes et beaucoup de partenaires collectivités territoriales et acteurs privés du monde entier. Nous avons élaboré un séminaire à la Sorbonne avec 50 jeunes étudiants architectes-urbanistes de 35 nationalités différentes pour réfléchir aux enjeux de création de valeur dans les territoires. Nous avons réalisé un séminaire à Marseille sur le « big data » et le territoire. Nous avons également participé à des forums sur des problématiques urbaines dans plusieurs villes (Marseille, Le Havre sur l’économie positive avec Jacques Attali, Nantes le 9 octobre 2018 avec la ville de Nantes et EDF Pays de la Loire, Paris dans le cadre d’Electric Days). Nous sommes en train de train de créer avec Muhammad Yunus un axe qui va s’appeler le Yunus Social Business Recherche Centre. Pour cela, un séminaire a eu lieu début octobre à la Sorbonne avec les principaux acteurs français du social business. Nous travaillons également sur un projet Ville et équipements à l’horizon 2030 mis en place par l’Agence Parisienne de l’Urbanisme.

En fait, la chaire a l’avantage d’être une équipe pluridisciplinaire au service des territoires mais aussi de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Par exemple, avec l’Université Paris Est-Créteil, nous avons réalisé un séminaire sur la valeur économique et sociale de l’immobilier. Sur la partie innovation technologique, nous nous sommes beaucoup impliqués sur une conférence internationale qui a eu lieu en juillet 2018 à Paris, Fab City Summit. Nous avons également intégré un groupe de recherche internationale nommé Imodev, pour l’amélioration des politiques publiques dans un monde digital, notamment en Amérique Latine et en Afrique pour améliorer les gouvernances territoriales.

La chaire est résolument ancrée dans les territoires. Elle s’appuie notamment sur des hubs en région. A quoi servent-ils ?

Notre volonté est d’avoir une chaire qui nous permette de travailler de façon très concrète avec le territoire. Il faut donc pouvoir être associés aux collectivités territoriales les plus dynamiques qui disposent d’un écosystème de recherche universitaire et académique pour créer des projets. Il faut bien évidemment avoir un écosystème local associé au secteur privé. Nous avons commencé par Paris, ensuite avec la Métropole de Nantes, la Métropole de Dijon avec l’université de Bourgogne (avec un projet sur les technologies appliquées à l’espace urbaines au territoire), la région Grand Est avec ses problématiques urbaines transfrontalières très importantes et les villes moyennes, un axe essentiel pour nos territoires. Nous devrions avoir dans les semaines qui viennent la Métropole d’Aix-Marseille et la Région Hauts de France. Nous maillons le territoire pour créer une dynamique de travail.

A l’international, nous travaillons avec des grandes institutions avec lesquelles nous avons des accords partenariats : Metropolis (association mondiale des grandes métropoles), AIVP (association mondiale des villes portuaires), et AIMF (association internationale des maires francophones) et l’OCDE qui a une recherche sur la gouvernance territoriale. Enfin, nous avons des accords bilatéraux avec des organismes de recherche dans différents pays du monde : Singapour, l’Université de São Paulo qui devrait bénéficier à la Métropole de Nantes, Buenos Aires en Argentine, Abidjan en Côte d’Ivoire avec l’Africa Web Festival, un partenaire nantais, Bizerte en Tunisie, Bangalore en Inde et Shanghai en Chine avec l’Université de Shanghai et L’École de design Nantes Atlantique.

Et avec Nantes Métropole ?

Le territoire métropolitain nantais s’est associé dès le début et avec enthousiasme à cette chaire. Elle fait partie de notre écosystème puisque nous avons lancé cette chaire officiellement le 20 septembre à Nantes lors d’une cérémonie auxquels ont participé Francky Trichet, le maire adjoint dédié à l’innovation numérique, également vice-président de l’Université de Nantes ainsi que l’ensemble de l’éco-système local et en particulier à Nantes, qui est une ville très dynamique, le Nantes City Lab, regroupement d’acteurs de l’écosystème de l’innovation nantais. Voilà un peu la manière dont nous voyons cette chaire.

Nantes c’est l’expérimentation grandeur nature avec le City Lab. Avec la Métropole de Nantes, nous avons retenus 3 axes de travail qui sont au cœur de nos réflexions :

• la mobilité sur toutes ses formes (électrique, navette, navettes électriques collectives… ).

• le design. Comment le design peut travailler, concevoir des services publics de qualité ? A cet égard, l’association de L’École de design à l’Université de Nantes est très importante.

• les collaborations que Nantes a à l’étranger, en particulier les universités à l’étranger comme celle de São Paulo au Brésil ou l’université de Shanghai en Chine qui donne de la visibilité internationale au territoire nantais.

L’école de design est partenaire du Hub de Nantes. Qu’est ce qui vous intéresse particulièrement dans le partenariat avec L’École de design ?

Il s’avère que L’École de design Nantes Atlantique est plus qu’un partenaire pour moi. C’est un lieu de création et d’inspiration que je connaissais avant même que la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation ne soit créée. Une équipe travaille expressément sur la Ville durable dirigée par Florent Orsoni, qui est lui-même à l’origine de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Grand Ouest - LIPPI. J’avais donc précédemment déjà une collaboration avec Florent Orsoni et avec cette chaire. J’ai eu l’occasion de venir à plusieurs reprises à Nantes. Nous avions notamment fait un très beau séminaire dans le cadre de la chaire, et beaucoup d’actions ont été réalisées. J’ai toujours gardé une collaboration étroite avec L’École de design. Du fait que L’École de design soit associée à l’Université de Nantes, cette relation s’est renforcée. En effet, avant même la création de la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation, j’étais en relation avec l’Université de Nantes notamment avec Francky Trichet, élu à la Ville de Nantes, vice-président de l’Université de Nantes et chercheur au Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes.

J’apprécie énormément la ville de Nantes, son caractère créatif et innovant. L’univers nantais m’est familier mais aussi très proche. Le partenariat est donc tout à fait naturel. Je fais partie des personnes convaincues que dans un monde qui change, urbain et hyper connecté, ce ne sont pas les technologies qui font changer le monde, mais les usages des technologies, la conception des usages, la manière dont on propose les usages qui peuvent être acceptés socialement et pris en charge par les gens eux-mêmes. Pour cela le design et le design des services plus particulièrement, est au cœur de tout cela. J’ai toujours trouvé que Nantes avait une longueur d’avance du fait de mettre très en amont le design avec notamment le design de services publics sur lequel Florent Orsoni avait travaillé. Dans cet univers, il m’a semblé que Nantes était la place to be pour travailler dans cette voie dans le territoire pour créer de la valeur. Avec la création des City Labs proposée l’année dernière, cette agrégation d’un écosystème universitaire mais aussi industriel nous permet de faire des expérimentations. À Nantes, les planètes sont alignées pour que l’éco-système soit puissant et donne de la visibilité à L’École de design et à la chaire Entrepreneuriat Territoire et Innovation. Le maillage est ainsi territorial, national et international et nous met tous dans une logique gagnant - gagnant. J’ai participé à la clôture de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Grand Ouest – LIPPI en 2017 et nous avons annoncé ce même jour que nous allions la transformer dans le hub de la chaire ETI. Nous avons donc eu une continuité de chaire qui s’est élargie dans la chaire ETI. C’était totalement naturel d’agir ainsi.

Quels sont les thèmes sur lesquels l’école va particulièrement se concentrer ?

Nous souhaitons que L’École de design Nantes Atlantique travaille sur les thématiques spécifiques de l’école. L’apport de l’école est stratégique pour la chaire ; ses compétences sur la manière dont on conçoit les nouveaux usages dans les expérimentations autour de la mobilité sont essentielles. Une des problématiques majeures aujourd’hui est comment nous pouvons créer des usages qui sont acceptés avec de nouvelles démarches technologiques par les citoyens. L’apport de L’École de design est ainsi essentiel. La problématique de la data territoriale et ses usages est un fait majeur. Nous voulons qu’avec L’École de design et les partenaire privés, cette triple association (design, usage, data territorial autour de la notion de plateforme) puisse déboucher sur de nouvelles expérimentations et de nouveaux usages. Cela a été le premier point retenu. Le deuxième point est la composante et expérimentation avec des partenaires publics et privés dans le cadre du City Lab. Enfin, la composante design doit être amenée dans l’ensemble des collaborations internationales. Le travail est d’ores et déjà commencé : une semaine après le lancement du hub nantais, Florent Orsoni, directeur du Design Lab Ville durable, est intervenu de façon très remarquée dans le cadre d’un séminaire avec des élus et des personnes du secteur académique à la Plaine Commune en Seine-Saint-Denis sur la composante design et la fabrication de la ville à travers la complexité. Une semaine après c’était dans le cadre de notre premier « boostcamp » international avec l’Université de São Paulo. Cela marque le point de départ très concret de projets sur le design pour concevoir des usages territoriaux.


« La ville de demain, comme celle d’hier, doit être un lieu de rencontres, d’échanges, de vie, une ville pour les femmes et les hommes qui l’habitent et la rendent vivante ».

Carlos Moreno