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Adrien Fonnet, doctorant au LS2N et au Design Lab READi

Adrien Fonnet, doctorant au LS2N et au Design Lab READi

Adrien Fonnet est doctorant au laboratoire des sciences du numérique de l’Université de Nantes (LS2N) et au Design Lab READi

Le laboratoire des sciences du numérique de l’Université de Nantes (LS2N) et le Design Lab READi, ont co-construit en 2017 un projet de recherche doctorale soutenu par le programme régional Recherche-Formation-Innovation Ouest Industries Créatives (RFI OIC). Ce projet intitulé IDEA (Immersive Data Exploration and Analysis) a pour objectif d’ étudier dans un contexte d’environnement immersif, des technologies, des représentations visuelles, des techniques d’interaction, mais également des techniques d’évaluation pour explorer et analyser des données abstraites. Le thésard, Adrien Fonnet est sous la direction de Yannick Prié, LS2N Polytech et co-encadré par Grégoire Cliquet (READi).

Adrien vient d’un parcours d’ingénieur. Après une formation aux Arts et Métiers de Lille, il s’est orienté vers un master recherche en conception de maquettes numériques interactives, visualisation 3D et Réalité virtuelle à l’Institut Image de Chalon-sur-Saône. Il a ensuite travaillé pendant deux ans pour Accenture, une des plus grosses entreprises internationales de conseil et de technologies, où il s’est familiarisé avec des méthodologies de project management. Son souhait de se perfectionner en informatique et d’entreprendre de la recherche l’ont ensuite conduit au Portugal, où il n’a pu trouver les ressources nécessaires pour le financement d’une thèse. Le projet IDEA a donc été une belle opportunité pour réaliser son rêve. Il a aussi été d’emblée intéressé par l’association design et sciences de l’ingénieur. Après une première année d’état de l’art, il nous fait part de ce qui a motivé sa démarche de s’orienter vers une thèse et sa première expérience au sein d’équipes interdisciplinaires du LS2N et de READi.

Adrien Fonnet, doctorant au LS2N et au Design lab READi

Entretien avec Adrien Fonnet

Jocelyne Le Boeuf : Qu’est-ce-qui a motivé ton souhait de faire une thèse, après un parcours en entreprise, où tu avais sans doute une rémunération supérieure à celle d’un thésard ?

Adrien Fonnet : Oui pour la rémunération, mais la motivation était assez forte pour tenter l’aventure. Je n’étais plus complètement satisfait des sujets traités dans le cadre de l’entreprise. J’avais besoin d’aller plus loin et de continuer à me perfectionner en informatique. Mon but n’est pas de faire une carrière universitaire et de la publication. Après ma thèse, je souhaite travailler dans l’industrie et faire valoir mes compétences dans les services R&D et auprès des data scientists, responsables de la gestion et de l’analyse de données massives. Beaucoup d’entreprises sont intéressées par les données, mais elles n’ont pas une culture de la donnée. Il y a un réel travail à faire pour les amener à se poser les questions sur leurs besoins, et à leur faire entrevoir toutes les possibilités offertes par un bon usage de leurs données, dans tel ou tel contexte.

Jocelyne Le Boeuf : Tu as présenté ton état de l’art en juin dernier, qui s’est bien passé, avec déjà quelques belles présentations de ton travail. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Adrien Fonnet : Oui mon état de l’art a été accompagné de la réalisation d’un site web récapitulant les systèmes vus dans la littérature sur le sujet, avec des systèmes de mots clefs, d’images… J’ai participé également à la Student Interaction Design Research conference (SIDeR’18) en Finlande à Helsinki, où étaient présentés des travaux sur la première phase IDEA, effectués avant mon arrivée, qui ont permis de développer le sujet de la thèse. J’ai présenté une publication avec une démo et une étude utilisateur. J’ai également soumis une contribution dans une des principales revues de recherche dédiée à la visualisation des données, IEEE Transactions on visualization and computer graphics (TVCG). Je prépare une démonstration pour Datarama #3 en septembre 2018 à Nantes et vais présenter les résultats d’un second papier au Symposium on Big Data Visual and Immersive Analytics (BDVA), en octobre 2018 à Constance en Allemagne.

Jocelyne Le Boeuf : Sur quelles données travailles-tu ?

Adrien Fonnet : Nous travaillons sur des données multi-dimensionnelles, pour le moment nous utilisons des bases de données libres comme les traces de CocoNotes ou les publications de HAL, mais nous aimerions également avoir des données entreprises qui se prêtent particulièrement à l’immersive analytics. Nous sommes entrés en contact avec Manitou dans ce sens et allons rencontrer Axa sous peu.

Jocelyne Le Boeuf : Est-ce que tu peux dire si ce type de recherche reste encore très émergent ?

Adrien Fonnet : Une véritable structuration d’un champ de recherche Immersive analytics a commencé en 2015. Le rattachement de la thèse aux sciences de l’ingénieur et au design, reflète une évolution qui va vers l’interdisciplinarité. La technique a besoin de designers, et dans certains cas des démarches artistiques peuvent également offrir de nouvelles perspectives d’expérimentation.

Jocelyne Le Boeuf : Dans les travaux de référence que tu as pu consulter à l’international, comment s’établit la distinction entre designer et ingénieur ?

Adrien Fonnet : C’est compliqué parce qu’il s’agit toujours de conception et dans le domaine de l’interaction homme-machine beaucoup de chercheurs se considèrent comme designers. On parle de « faire du digital », « faire du design », cela ne veut pas dire grand-chose si on ne va pas voir ce que recouvre la terminologie.

Jocelyne Le Boeuf : Ce qui est intéressant effectivement c’est comment toi sur le terrain de tes deux labos, tu peux comprendre la rencontre de deux cultures, qui emploient souvent les mêmes mots, et en voir l’intérêt.

Adrien Fonnet : C’est à partir de la deuxième année que cela sera sans doute plus évident. Mais je vois déjà que l’approche design est moins contrainte par le rationnel. Je pense à un projet de représentation au READi Design Lab dont le point de départ a été une métaphore, un champ de fleurs. Cela ne veut pas dire que les fonctionnalités vont être oubliées, mais il y a des formes d’approches sensibles, un imaginaire qui vient d’apprentissages que nous n’avons pas en école d’ingénieur. Cela m’intéresse, avec toujours en tête qu’il faut que ça marche… Sûrement je pourrai en dire plus lorsque j’aurai terminé cette thèse sur les apports interdisciplinaires autour des interactions, représentations et évaluations des expériences en immersive analytics.

Propos recueillis par Jocelyne Le Bœuf
Directrice recherche & valorisation des Design Labs