L’École de design Nantes Atlantique

29/04/2010

Après une intervention lors d’un colloque dédié à ce thème, Christian Guellerin, directeur général de L’École de design, expose les écueils que doit éviter la recherche en design, pour s’ériger en discipline scientifique à part entière…

 

Je viens de participer comme « speaker » au colloque organisé par IASDR – "International Association of Societies of Design Research" 2009* - un colloque de recherche faisant le point sur les travaux de nombreux chercheurs et universités internationaux.

Si les débats furent passionnants et la production de connaissance remarquable, les incessantes allusions à ce que les uns et les autres appellent "recherche" et "design" en tentant de les associer, m’ont laissé perplexe. Pourquoi appeler recherche en design toute réflexion sur la création et l’innovation ?

 

Le design, en tant que pratique, peut-il se définir comme discipline scientifique ?

Profiter de l’émergence du design et de son manque de visibilité dans le domaine de la recherche pour mener des études qui relèvent de la sociologie, de la psychologie, des sciences de l’éducation ou des sciences exactes et prétendre qu’il s’agit de "recherche en design" ne peut que desservir le design.

Parler de recherche en design lorsqu’il s’agit de pratique professionnelle de projet ne me semble pas pertinent non plus.

Il s’agit de circonscrire la recherche en un domaine spécifique basé sur un langage de représentation et d’interface entre les connaissances (dans tous les domaines des sciences humaines et des sciences exactes) et les problématiques socio-économiques qui s’imposent au monde dans lequel nous vivons. Le design est un langage, une interface qui relie les Hommes, les idées, les connaissances pour imaginer un avenir meilleur. Il faut en faire une science à part entière, sans toutefois rallier trop de disciplines sous sa bannière sous prétexte que le design est omniprésent et que la réflexion est une activité noble.