L’École de design Nantes Atlantique

05/03/2010

Goulven Briantais est étudiant en 5e année. Il a réalisé son projet de fin d’études, meta}{meta, dans le cadre de l’option majeure Interfaces tangibles. Il effectue actuellement son stage de fin de cycle au sein du Design Studio de Dassault Systèmes.

 

Comment se sont passées les rencontres au sein du groupe de recherches Interfaces tangibles ?

Goulven Briantais : Les journées avec les "Thierry"*, je les attendais avec impatience : ces moments me permettaient de faire une synthèse de mon travail, mais aussi de prendre du recul sur ma démarche. Ces échanges ont été décisifs dans la définition et la représentation du projet.

Qu’est ce que le metadesign ?

Goulven Briantais : Selon Derrick De Kerckhove, philosophe et sociologue "le metadesign met les outils plutôt que les objets du design dans vos mains". Gene Youngblood, théoricien des médias, ajoute que "Le metadesign est la création de contexte plutôt que de contenu". Le metadesign permet à l’utilisateur d’avoir un pouvoir sur la conception d’un produit, ou d’un bien. En ce sens, c’est un domaine passionnant car il offre au consommateur l’expérience du créateur dans un cadre pensé et conçu par le designer. C’est un comportement qui s’est développé avec le web 2.0 et qui a permis aux utilisateurs de devenir contributeurs et créateurs de contenus.

 

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au métadesign ?

Goulven Briantais : Durant mon séjour de 4e année à l’étranger, aux États-Unis, j’ai passé mon temps à observer la société qui m’entourait. Confornté à des modes de consommation alternatifs, j’ai compris que le statut de consommateur évolue, que le produit final n’est pas toujours suffisant, qu’il lui faut une histoire, une âme, un processus. Les carnets d’artistes sont aussi passionnants que les œuvres finales. C’est ensuite que j’ai découvert le terme "métadesign", notamment grâce à un article de Yann Le Guennec dans CADI**. Il m’a dès lors paru évident que je devais m’orienter vers ce thème.

Avez-vous présenté votre projet à des architectes?

J’ai présenté de façon identique mon projet à plusieurs architectes et tous avaient des discours très différents. Je me suis dit que le métier d’architecte, comme celui de designer, était avant tout humain, social. Chacun de ces professionnels a sa propre histoire, sa propre culture, ses propres préférences et répond donc de manière singulière à une même demande. Il y a autant d’avis qu’il y a d’architectes. Toutefois, j’ai l’impression que les architectes les plus jeunes étaient plus sensibles à ce type de démarche participative.

Depuis avril 2010, vous êtes en stage au Design Studio de Dassault Systèmes. Comment fonctionne ce service ? Quelles sont ces activités principales ?

Dirigé par Anne Asensio, le Design Studio de Dassault Systèmes est composé de 10 personnes, ayant chacune ses spécificités. Il y a bien sûr des designers d’interfaces, mais aussi des designers de produits et d’automobiles, ainsi qu’un spécialiste de la visualisation. Une équipe est également en charge de redéfinir l’identité de Dassault Systèmes.

La densité du groupe Dassault Systèmes donne au Design Studio la possibilité de lancer des projets ambitieux et d’actualité. La pluralité de ce service en fait sa richesse : chacun apporte ses compétences et son point de vue aux projets. On y mène principalement des projets internes consistant à intervenir sur l’interface des logiciels de Dassault Systèmes. Ponctuellement, le Design Studio effectue des missions pour des clients externes. Le Design Studio peut être considéré comme une agence de design intégrée au groupe de Dassault Systèmes.

Quelles missions t’ont été confiées ? Te semblent-elles une bonne mise en pratique du savoir-faire acquis lors de ta formation ?

Mes activités principales sont la GUI (Graphic User Interface) et la conception de systèmes interactifs. En conception d’interfaces, la formation en design d’interactivité de L’École de design répond parfaitement aux attentes des professionnels. Ce cursus ne forme pas au design graphique, mais comme la démarche de projet acquise à l’école est similaire à celle suivie lors des projets de GUI chez Dassault Systèmes, j’ai vite trouvé mes repères.

 

* Thierry Mellerin et Thierry Lehmann sont les deux encadrants du groupe Interfaces tangibles.

** CADI est la revue dédiée à a recherche en desgn à L’École de design Nantes Atlantique (télécharger ici)