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China Campus (3/3) : N. Hubert revient sur son expérience
Lauréat du concours Dalsouple 2009, Nicolas Hubert entame sa 5e année à l’école. Avide de se confronter au contexte chinois, il suit le programme Design et interculturalité à Qingdao. Voici ses impressions sur cette nouvelle formation...
1. Quand avez-vous décidé de partir suivre le cursus en Chine ?
Je me souviens que ma décision de suivre le cursus en Chine a été prise très vite, quand Christian Guellerin (Directeur de L’École de design) nous a proposé de faire partie de la 1ère promotion à effectuer ses 2 dernières années d’études à Qingdao.
L’opportunité s’offrait ainsi à nous d’être des pionniers dans la "construction" de cette nouvelle antenne et d’enrichir notre propre regard de designer.
2. Dans quelle entreprise avez -vous effectué votre stage de 4e année ? Quelles étaient vos missions? Qu’avez-vous pensé de cette expérience ?
J’ai effectué mon stage de 4e année dans l’agence de design Franco-Finnoise, Atelier Forever basée à Shanghai. Durant ce stage de 6 mois, j’ai travaillé sur des projets d’espace (magasin, bar-restaurant, events), produits et packaging.
J’ai eu l’opportunité de travailler en relation directe avec les clients sur toutes les étapes des projets, du brief jusqu’au suivi de production. Cette expérience s’est révélée très enrichissante car de grandes responsabilités m’ont été confiées en gestion de projets.
3. Parlez-vous chinois ? Est-ce nécessaire pour travailler ou vivre en Chine ?
Mon chinois est loin d’être parfait, mais il me permet de me débrouiller au quotidien. Pour les relations professionnelles, c’est l’anglais qui est principalement employé. D’autre part, même si la communication en chinois présente une difficulté supplémentaire, cela oblige à adapter son approche (création d’outils de communication autre que le langage) pour mieux comprendre l’autre.
4. Pouvez-vous donner plus de détails sur votre projet de fin d’études ? Quelle est la dimension interculturelle de votre projet ?
J’ai décidé de consacrer mon projet de fin d’études, à "la copie". Ce sujet fait écho à mon futur métier et ma volonté de travailler en Chine après mon diplôme. J’ai choisi ce mot, "copie", car c’est un thème omniprésent en Chine (du point de vue de l’Occident, la Chine semble condamnée à la copie), qui se trouve en contradiction avec les valeurs d’innovation que véhicule le design. C’est donc une intéressante source de réflexions. Choisir un thème large, m’a donné la possibilité, dans un premier temps, d’ouvrir ma réflexion sur des questionnements éloignés de ceux généralement abordés par le design, pour favoriser l’exploration (musique, litterature, informatique, éducation, design, process industriels... ) et ainsi nourrir mon projet.
Apres cette phase d’exploration et de rapprochement entre la "copie" et le design, j’ai mené une réflexion qui m’a permis d’élaborer un projet design ancré dans la réalité. Ma volonté a donc été, dans ce contexte chinois, de tirer parti de l’immense production "locale" afin d’exploiter des stratégies industrielles et des produits déjà existants issus de la production industrielle mondiale. Le but étant d’amener une offre innovante adaptée à un marché local grandissant.
Mon projet a abouti sur un travail d’intégration de la télévision et de la Hi-Fi dans les salons chinois. L’émergence de ce projet (qui, à première vue, n’a pas de lien direct avec la copie) provient, après analyse du contexte et du marché local, d’une approche sur le "terrain" (user-centered) dans des familles chinoises. Passer du temps avec eux m’a permis d’évaluer l’importance qu’ils portent aux produits. Cela m’a permis de choisir un champ d’action spécifique : concilier l’important investissement des Chinois en équipements de salon et leur demande croissante en design d’intérieur (travail de différentiation et d’intégration de la TV de la part du designer d’intérieur chinois).
Grâce à cette démarche design, mise en avant avec le terme "copie", j’ai pu définir une approche globale innovante dans l’intégration totale de la TV&Hi-Fi (design unique, intégration, gestion câblage...), en me basant sur un process existant utilisé dans le domaine de la cuisine.
5. Lors de la réalisation de votre projet de fin d’études, quelles ont été les personnes ressources ? Comment avez-vous effectué (et auprès de qui) les tests utilisateurs ?
Afin de comprendre ce contexte spécifique, je me suis rapproché de professionnels de la production industrielle et de designers pour la place du modèle créatif chinois. D’autre part, afin de comprendre le process de création chinois je me suis attaché à la mise en place d’un workshop avec un groupe d’étudiants chinois en design.
Pour définir mon projet final, j’ai souhaité aller sur le "terrain" et rencontrer des familles chinoises afin d’observer et de mesurer, dans un premier temps, la valeur et la place des produits. Je les ai rencontrés une nouvelle fois afin de leur soumettre mon projet et d’évaluer leur intérêt pour affiner mon approche.
6. Comment se passent vos études en Chine ?
Super bien !!!
7. Comptez-vous travailler en Chine une fois le diplôme en poche?
Oui, je souhaite rester encore quelques années en Chine pour travailler, acquérir de l’expérience pour ensuite partir ailleurs. L’expérience à l’étranger amène un certain désir de mobilité, très enrichissant à la fois humainement et professionnellement.
À lire également :
Design et interculturalité (China Campus) : Q. Tableau revient sur son expérience
Design et interculturalité (China Campus) : A.C. Mahéo revient sur son expérience
Programme Design et interculturalité (Chine)
Ailleurs sur le web :
Site Internet d’Atelier Forever











