L’École de design Nantes Atlantique

03/02/2010

Dans cet éditorial, C. Guellerin, Directeur de L’École de design, revient sur le Sommet de Copenhague. Bien que décevant, cet événement a vu naître une conscience politique globale qui devrait aider les acteurs du capitalisme à y instiller des vertus collectives...

Le sommet politique de Copenhague a échoué : les politiques n’ont pas réussi à légiférer pour contrôler le développement économique. Néanmoins, Copenhague aura marqué la naissance d’une conscience politique partagée par toute la planète. Il faut espérer que, décomplexés enfin de leurs rivalités, les états sauront très prochainement légiférer pour rééquilibrer le développement de la planète. Est-ce que, pour autant, cela va rendre le capitalisme vertueux ? Évidemment, non ! En tant que système "techno-scientifique", le capitalisme est définitivement dénué de morale. L’entreprise a vocation à faire du profit, le marketer à vendre pour répondre aux besoins, le technicien à améliorer la productivité... Tout est d’affaire d’intérêt, rien n’est fait par devoir. La Morale ne me paraît pas une des données du modèle capitalisme en tant que système économique. Les politiques ont momentanément échoué, le capitalisme ne peut rien : il reste à l’Homme à agir et à retrouver un certain sens de la vertu à produire et à consommer… Il s’agit de retrouver au cœur de l’économie du sens et des vertus collectives, d’admettre que l’on peut – que l’on doit – vivre différemment. C’est probablement cette conscience-là qui fera "bouger les politiques" et va obliger les entreprises à développer des modèles d’entrepreunariat plus respectueux de l’environnement. Inscrit au coeur des problèmatiques stratégiques des entreprises, le design, parce qu’il naît d’une culture humaniste à changer le monde, sera l’instrument des profondes mutations industrielles qui replacent le développement économique au service de l’Homme et non plus du profit.

Lire également :

Free opinion about design education, le blog de C. Guellerin (en anglais)