L’École de design Nantes Atlantique

04/02/2010

Diplômé de L’École de design en 2007, Jean-Christophe Naour s’envole très vite pour la Corée du Sud, haut-lieu de la conception d’interfaces high-tech, pour y mettre à profit ses compétences de designer d’interactivité. Il nous fait part de cette expérience interculturelle polyvalente et enrichissante…

 

 

Design projects by J.C Naour
Florilège de projets développés par J-C. Naour à L’École de design

1 - Jean-Christophe Naour, vous vous êtes formé au design d’interactivité à L’École de design de 2002 à 2007. Quels ont été les moments forts de cette expérience académique ?

Si j’ai d’abord suivi des études universitaires après un baccalauréat scientifique et technologique, je me suis vite rendu compte à l’issue de ce cursus qu’il m’était nécessaire d’acquérir d’autres vecteurs du savoir. L’univers de l’informatique, découvert dès mon plus jeune âge, a été le catalyseur de cette quête pour mettre à profit cet outil dans un milieu où le virtuel stimule notre pouvoir créatif. Ce parcours m’avait tout naturellement conduit à faire le choix d’intégrer l’option de Design hypermédia (aujourd’hui design d’interactivité, NDLR).

Il est difficile de résumer cinq longues années si riches en expériences et en applications particulièrement enrichissantes. Je peux cependant dire que l’enseignement dispensé à l’école m’a, avant tout, permis de découvrir de nouveaux moyens d’expressions qui se sont révélés déterminants pour l’épanouissement personnel et l’ouverture d’esprit, essence même de la profession.

J’y ai travaillé sur des sujets variés centrés sur des problématiques aussi bien liées à la mobilité qu’à la réalité virtuelle, tout en réalisant de nombreux projets personnels.

Mais c’est le semestre à l’étranger qui m’aura sûrement le plus marqué. Ce voyage de 4e année offre aux étudiants l’opportunité d’explorer de nouveaux horizons, de prendre du recul sur soi, son identité, ses acquis, sa vision du design. Je l’attendais avec impatience, j’avais envie de rencontres, de découvertes, de dépaysement... Mon départ pour la Corée du Sud est né d’un désir de découvrir une culture asiatique forte, complexe et éclectique. Au début, on croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait... Et ces 6 mois m’ont enrichi bien au-delà de mes espérances.

Touch me
Touche Moi : projet de diplôme sur les logiciels de dessin pour interfaces tactiles

2 - Votre diplôme de designer d’interactivité en poche, vous êtes retourné en Corée du Sud. Pourquoi ? Avez-vous eu des difficultés à vous intégrer au marché et aux méthodologies coréennes ?

Après mon séjour là-bas en 4e année, j’avais déjà dans l’idée de retourner en Corée, de découvrir encore plus en profondeur cette contrée. La fascination des Coréens pour la technologie faisait de leur pays l’endroit idéal pour effectuer mon stage de fin d’études dans le monde des interfaces de produits high-tech. Ainsi, j’ai intégré l’un des principaux studios de design d’interactivité de Séoul : INNOIZ … oùt je suis toujours en poste.

Au début, j’ai pu observer de grandes différences au sein même de l’entreprise. De plus, étant le seul étranger dans cette structure, j’ai dû procéder à un reformatage culturel permanent parfois déstabilisant. Mais cette immersion m’a été bénéfique ; ce fut l’occasion de prendre conscience que la formation dispensée à L’École de design, où l’ouverture et la polyvalence sont de mise, était en accord avec la réalité du marché du travail.

SAMSUNG / MP3 Player Codename R1 (2008) - KOREA par J-C. Naour pour Innoiz
SAMSUNG / MP3 Player Codename R1 (2008) - KOREA par J-C. Naour pour Innoiz

3 - Vous travaillez actuellement en tant que User Experience Designer chez INNOIZ Interactive. Pourriez-vous nous expliquer en quoi exactement consistent vos fonctions ?

Si les formes et couleurs étaient la base du design, aujourd’hui, la lumière, la ligne du produit, le son et le toucher sont en harmonie grâce au design. Le design numérique, quant à lui, cherche l’équilibre entre information et interaction – la plupart du temps dans l’espace d’un écran.

Depuis presque trois ans, j’ai pu développer des concepts d’interactions, des interfaces, du motion design pour téléphones mobiles, baladeurs mp3, télévisions, navigateurs GPS, etc. J’ai travaillé pour des clients comme Samsung, LG Electronics, Motorola, SK Telecom (le plus important opérateur téléphonique coréen), Pantech (Sky), etc…

Depuis peu, je suis en charge d’une nouvelle division nommée le MediaLab qui comporte sa propre cellule de recherche. Le but ici n’est plus de s’adapter à la technologie développée par le client, mais de rechercher et de proposer de nouvelles voies d’exploration dans l’interactive et le motion design : installations interactives sensibles au mouvement, réalité augmentée, hologrammes, etc.… Le champ d’application est plus que vaste étant donné qu’il ne cesse d’évoluer.

Finalement s’il fallait résumer ma tâche, je la décrirais ainsi : “L’expérience du sensible”.

SK Telecom / Official Icon Set (2009) - KOREA
SK Telecom / Official Icon Set (2009) - KOREA

4 - Quels sont vos projets d’avenir ? Prévoyez-vous de rester à long terme en Corée, ou avez-vous d’autres destinations en tête ?

Une chose est sûre, je ne suis pas près de laisser les coréens tranquilles !

5 - Si vous deviez transmettre un message aux étudiants en passe de devenir designers, quel serait-il ?

"Égarez-vous...”

Media Wall
MediaWall, un projet de mur interactif qui transforme votre silhouette en particules et pixels. J-c. Naour (Korea Digital Web Art Festa 2009)