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Innovation responsable : les enjeux du programme
Responsable pédagogique de l’option majeure Innovation Responsable, Benjamin Walker nous confie sa vision de l’enseignement du design...
Former des designers ouverts et responsables
"Un designer ne prétend pas détenir la connaissance, il doit être capable de trouver des solutions, d’aborder les problèmes en toute objectivité."
Seize étudiants en fin de cycle, en passe de devenir des designers professionnels. Seize esprits curieux, alertes, possédant les compétences et la motivation nécessaires pour contribuer au développement stratégique des entreprises. Cette option majeure vise à faire découvrir aux étudiants toutes les perspectives qui s’offrent à eux en tant que designers. Il s’agit de leur montrer que le savoir-faire acquis lors d’une formation de qualité peut ensuite s’appliquer à un large éventail de problèmes auxquels on peut remédier autrement qu’en concevant un nouveau produit. Le design est un acte synthétique. Un bon designer doit être capable de faire des recherches, de remettre des principes en question, de prêter une oreille attentive, d’expérimenter, de formuler des idées, de se projeter et de communiquer. Un designer ne prétend pas détenir la connaissance, il doit être capable de trouver des solutions, d’aborder les problèmes en toute objectivité.
Un designer imagine des scénarios et réunit les acteurs qui lui permettront de faire la meilleure projection possible.
Notre rôle de responsables pédagogiques consiste à encourager nos étudiants à adopter une attitude plus "proactive", à leur insuffler l’audace de se confronter à des problèmes de plus grande envergure que ceux abordés jusqu’ici. En définitive, nous souhaitons les amener à se demander, au-delà de ce qu’ils pourraient faire, ce qu’ils devraient faire.
Des habitudes de consommation en pleine mutation
"Tout produit innovant bien conçu est voué à un succès quasi-immédiat. Mais est-ce bien là de l’innovation ?"
On a coutume de dire que, par essence, les designers et la démarche design oeuvrent à l’amélioration de la qualité de vie, que l’innovation fait progresser nos sociétés et que nos économies se nourrissent de la fabrication, la vente et la consommation de ces innovations.
On nous pousse à croire que « tout ce qui est nouveau est meilleur », l’innovation est instrumentalisée pour conditionner et stimuler les habitudes de consommation au sein d’un marché saturé. Tout produit innovant bien pensé et bien conçu est voué à un succès quasi-immédiat. Mais est-ce bien là de l’innovation à proprement parler ?
Nous savons que nos habitudes de consommation épuisent les ressources naturelles et dégradent l’environnement. Il n’est plus un seul endroit sur cette Terre où l’on ne se soucie de développement durable, et rares sont ceux à ne pas faire le rapprochement entre les produits qu’ils utilisent et l’impact qu’ont ces derniers sur l’environnement.
Beaucoup de consommateurs s’efforcent déjà de mieux cibler leurs achats en privilégiant les produits (et services) respectueux de l’environnement. Désormais, on ne chante plus les louanges des voitures qui ont la meilleure accélération, mais de celles qui consomment peu et émettent le moins de CO2. Lorsque nous achetons des produits en bois (du mobilier de jardin, par exemple), nous nous assurons qu’ils sont bien estampillés FSC (Forest Stewardship Council) – une garantie que nos nouvelles acquisitions proviennent bien d’une parcelle soumise à une gestion forestière responsable.
L’innovation au service de la qualité de vie
"Pourquoi ne pas mettre la méthodologie du design à profit pour s’attaquer aux problèmes socio-économiques ?"
Les designers de la nouvelle génération sont de plus en plus conscients de l’impact que peuvent avoir leurs décisions professionnelles sur la gestion des ressources et sur l’environnement en général. Ils sont conscients de leur responsabilité sur le plan environnemental.
Mais quelles sont les retombées sociales de leurs décisions ? Pourquoi ne pas mettre la méthodologie du design à profit pour s’attaquer aux problèmes socio-économiques ?
Un rapide tour d’horizon nous montre que nombre d’écoles de design s’attachent déjà à relever ce défi. Voilà qui est une bonne chose.
Récemment, le concours Index Design Awards a récompensé un panel de projets axés sur des problématiques sociales spécifiques – du domaine de la santé aux nuits sans sommeil des sans-abri en passant par l’aide à l’accouchement en milieu rural en Afrique.
De même, Design for the other 90 %, une exposition organisée par le Cooper Hewitt Museum, a mis à l’honneur les œuvres de designers pour qui le champs des possibles ne se limite pas à leur propre quotidien. Ce panel de projets, répondant pour la plupart à des problèmatiques assez basi-ques, nous montre qu’avec des solutions très simples on peut vraiment changer les choses.
Le British Design Council aussi s’appuie sur la méthodologie design et fait appel à des designers pour examiner les services de santé et en proposer une refonte possible... Un nouveau domaine que les designers industriels n’avaient pas encore défriché.
L’enjeu de l’option majeure “Innovation Responsable” est d’aider les jeunes designers à se forger une vision plus large de leurs activités. En ayant recours à la palette fournie d’outils mis à disposition des designers, à la solide méthodologie du design enseignée à L’École de design et à des recherches in-situ approfondies, nous mettrons sur pied une série de projets montrant que le design ne doit pas seulement viser la beauté des produits, mais qu’il doit également s’employer à révéler la beauté du sens.
Benjamin Walker,
Responsable pédagogique de l’option majeure Innovation Responsable.
Plus d’informations à propos du contenu de l’option majeure Innovation Responsable et des modalités d’inscription au diplôme Bac + 5.
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