L’École de design Nantes Atlantique

11/02/2009

Naïvement, on associe le designer à un extra-terrestre créatif qui ne se préoccupe guère des contraintes matérielles. La priorité serait mise sur la créativité plutôt que sur la crédibilité de la conception. Dans les faits, un designer industriel doit comprendre les process industriels et créer en fonction des possibles (machines de production de son client, matériaux habituellement utilisés etc.).

Dans certains cas, le designer est même à l’origine d’un « transfert de technologie » par le biais duquel il pousse son client à explorer puis exploiter d’autres horizons techniques. Le rôle de l’école est d’insuffler aux futurs diplômés une véritable culture technique. Le monde matériel est régi par des lois qu’il faut connaître pour les mettre à profit. Par trop souvent perçue comme un mal nécessaire, comme une contrainte pénible, la technologie est souvent sollicitée trop tard. Alors, elle devient censure des solutions au lieu d’être germe de concepts nouveaux.

À travers les cours dispensés, les projets encadrés, les soutiens techniques, les séminaires et conférences spécifiques et la création d’une matériauthèque, l’école met à disposition de tous une « technologie appliquée ». Plutôt qu’une expertise illusoire dans des domaines ponctuels, il convient de privilégier une connaissance généraliste. Car quand l’information recherchée manque, l’utilisation des techniques de veille se fait primordiale. Autre orientation préconisée par L’École de design : l’éco-conception et tous les mécanismes afférents. À terme, l’objectif ultime de notre démarche est de diplômer des extra-terrestres à la fois créatifs et techniques.

Philippe Blanchard, ingénieur-designer, enseignant « matériaux & technologies » et coordinateur du pôle technique produit.

Parce qu’un designer ne peut se contenter de sa seule créativité, l’équipe pédagogique accorde toute son importance à la culture technique...