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Nouvelles pratiques alimentaires : M. Laborde présente "La Baigneuse"
Mélanie Laborde est actuellement étudiante en 5e année. Elle a réalisé son projet de fin d’études, "La Baigneuse" dans le cadre de l’option majeure "Nouvelles pratiques alimentaires".
Mélanie votre projet de diplôme est consacré aux personnes âgées. Quelles innovations à destination de ce public avez-vous découvertes ?
Mélanie Laborde : Pas grand-chose dans le domaine alimentaire. En tout cas, peu d’innovations à destination des personnes de grand âge, c’est-à-dire celles qui ont plus de 75 ans. Aujourd’hui, on s’intéresse aux seniors qui ont entre 55 ans et 75 ans. Ils sont une « cible » intéressante du point de vue marketing pour les médias et l’industrie parce qu’ils sont très actifs et qu’ils font attention à leur santé. On leur propose beaucoup de produits anti-cholestérol, sans sel etc. A contrario, il y a peu de propositions adaptées aux personnes de grand âge. Ces dernières ont un régime très spécifique : elles ont besoin de beaucoup plus de protéines et de petites portions très enrichies. Il existe bien quelques ustensiles ergonomiques (des assiettes à bords relevés, des couverts avec une poignée lourde) que l’on peut trouver aux États-Unis, mais je n’ai pas trouvé d’innovations majeures dans le domaine alimentaire.
Le concept, "La Baigneuse" est très complet puisque vous avez travaillé non seulement sur le produit mais aussi sur les menus. Pour ces derniers, auprès de qui avez-vous trouvé conseil ?
Mélanie Laborde : Ma tutrice pour ce projet était Mme Obeline Houel Regnard, nutritionniste au CHU d’Angers. Elle fait partie du Comité de Liaison pour l’Alimentation et la Nutrition, le CLAN. Au sein de cet organisme, des nutritionnistes, des médecins, des personnels des hôpitaux échangent autour des questions de nutrition. Experte sur la question des personnes de grand âge, Mme Houel Regnard m’a informée sur leur régime alimentaire. Elle m’a également aidée en me donnant quelques recettes, en m’indiquant la quantité de protéines nécessaire lors de chaque repas, et en précisant la nécessité de respecter les habitudes culinaires de cette classe d’âge. Je me suis donc intéressée au potage, plat habituellement consommé le soir par les personnes de grand âge, pour élaborer des pistes de recherche.
Le design culinaire a trait aux envies, aux goûts des personnes. Est-ce que c’est la partie aléatoire du projet ?
Mélanie Laborde : Non, car le designer doit analyser les caractéristiques des usagers concernés. Or, les goûts sont une des caractéristiques de l’utilisateur. Le travail de recherche préalable a consisté à passer en revue des références, des habitudes et des préférences, notamment sensorielles. J’ai découvert, par exemple, que les personnes de grand âge mangent des choses très simples, très traditionnelles, peu de viande, qu’un homme mange plus de charcuterie qu’une femme. Ce sont des éléments à prendre en compte lors de la conception.
Est-ce qu’il y a une difficulté spécifique à créer des produits innovants pour des personnes qui aiment des choses très traditionnelles ?
Mélanie Laborde : Oui, on fait un peu du "retro-design" parce qu’il faut réussir à intégrer des codes connus de ces personnes tout en introduisant des innovations. Nous devons également trouver un juste milieu entre les deux, sous peine de voir le produit rejeté par les usagers.
Prévoyez-vous de développer votre produit ?
Mélanie Laborde : Pourquoi pas ? Je cherche un partenaire dans le domaine agroalimentaire pour m’apporter des compétences en ingénierie, mais aussi en marketing. D’ailleurs, à cette occasion je suis en contact avec le Cluster West. Mais, même si mon projet n’est pas réalisé, il s’agit déjà d’un apport supplémentaire sur les besoins et les produits à destination des personnes de grand âge.











