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Nouvelles pratiques alimentaires : M. Buet présente "Vitamine"
Marie Buet est étudiante en 5e année. Elle a réalisé son projet de fin d’études, "Vitamine" dans le cadre de l’option majeure "Nouvelles pratiques alimentaires".
Marie Buet pourquoi avez-vous eu envie de travailler sur les pratiques alimentaires des enfants ?
Marie Buet : Au tout départ, je me suis intéressée aux échanges liés à la pratique culinaire. Je voulais concevoir quelque chose qui soit capable de vaincre les réticences à faire la cuisine et qui donne envie de cuisiner pour mieux se nourrir. J’ai choisi de m’adresser aux enfants, car c’est en intervenant dès le plus jeune âge que l’on peut à la fois donner envie de cuisiner et sensibiliser à une alimentation saine.
Vous vouliez donc allier plaisir culinaire et pédagogie ?
Marie Buet : Oui, mon intention était de créer des souvenirs sensoriels positifs liés à certains ingrédients (les fruits et légumes notamment) par le biais de l’apprentissage. De cette façon, les enfants devenus adultes auront envie de cuisiner de nouveau avec ces mêmes ingrédients.
Quels acteurs avez-vous rencontrés lors de la phase de recherche et que vous ont apporté ces échanges ?
Marie Buet : En phase de recherche, je me suis demandé quels étaient les lieux fréquentés par les enfants. Il y a l’école, les lieux de loisirs et le domicile. J’ai donc rencontré des acteurs liés à ces différents endroits : des institutrices, des cuisiniers et des parents. En discutant avec des institutrices, je me suis rendu compte qu’il n’était pas possible d’inscrire le projet dans ce contexte à cause du cadre juridique restrictif. Par ailleurs, j’ai pu mener des entretiens avec des enfants, afin de mieux comprendre leur pratique de la cuisine, ainsi que leurs envies et leurs attentes. J’ai également observé les enfants lors d’activités culinaires. Pour eux, cuisiner est un jeu. J’ai échangé sur ce point avec Julie Delalande, sociologue du jeu.
Qui d’autre avez-vous rencontré ?
Marie Buet : Pour observer la pratique de la cuisine dans le cadre des loisirs, je me suis rendue à l’« Atelier des Chefs » qui propose des cours de cuisine pour enfants. Cela m’a permis d’observer leur marge d’apprentissage. Lors de cet atelier, j’ai pu constater que l’on accordait une certaine autonomie aux enfants en supprimant certaines actions (pas de travail de dosage par exemple). Par ailleurs, la séance s’apparentait plus à une expérience culinaire qu’à une session pédagogique puisque les enfants n’apprenaient pas de recettes à reproduire à la maison.
Vous avez également contacté le Pôle Enfant de Cholet.
Marie Buet : J’ai rencontré Reynald Lafarge qui m’a aidé à définir la classe d’âge concernée par mon projet. Il s’agit des enfants de 7 à 10 ans : ayant dépassé la phase d’expérimentation pour atteindre celle de l’apprentissage de la cuisine, ils sont capables d’autonomie. Il m’a redirigée vers Laurence Schmitter qui est devenue ma tutrice. Après avoir été institutrice et ingénieure agronome, elle écrit désormais des livres de recettes pour enfants. Son approche d’experte de la pédagogie a vraiment complété mon projet.
Vous avez rassemblé les données utiles à votre projet, d’une part grâce à une riche bibliographie et d’autre part grâce à ces entretiens et à un travail d’observation...
Marie Buet : Les entretiens étaient intéressants car, en plus de me donner leurs avis d’experts, les interlocuteurs ont partagé avec moi leur expérience de parents. L’observation m’a permis de repérer des tendances : les limites des enfants, les actions pénibles, le moment où le parent intervient, ce qui marche, ce qui ne marche pas. À un stade plus avancé de mon projet, l’observation m’a également permis de conforter certains aspects de mon concept : j’ai, par exemple, vu une maîtresse comparer un rouleau de pâtisserie à des maracas, or Vitamine reprend la gestuelle de cet instrument.
Vous avez réalisé une maquette des différents éléments de Vitamine. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Marie Buet : En ce qui me concerne, je travaille sur l’objet essentiellement par le biais de maquettes. Cela permet de réfléchir directement aux usages, à l’ergonomie, aux proportions, à la cohérence formelle et à l’assemblage des pièces. L’intérêt de la maquette est de définir les volumes et d’évaluer facilement la prise en main. J’ai ainsi fait différents tests de préhension avec des enfants de 7 et 9 ans : cela m’a permis de retenir une solution pour mon projet. Seule la maquette permet cela.











