L’École de design Nantes Atlantique

26/03/2009

"Nous sommes ce que nous mangeons !"
Présentation de l’option majeure Nouvelles pratiques alimentaires par son responsable pédagogique...

Notre environnement économique et social change rapidement et modifie en profondeur nos pratiques alimentaires : le développement de la restauration hors foyer, du e-commerce, la mondialisation des marchés ouvrant sur un métissage des saveurs, le développement du "bien manger durable" sont autant de défis qui convoquent le design en tant que vecteur stratégique de réponse à ces enjeux. Ce contexte fait que seul le design industriel, par son approche systémique et pluri-sensorielle, est à même d’accompagner ces mutations jusqu’à la création de ces nouvelles formes qui répondent à ces nouvelles pratiques.

Consciente de ces enjeux et des opportunités offertes par ce secteur en constante évolution, L’École de design Nantes Atlantique a développé une pratique du projet de conception de nouveaux produits et nouveaux services centrés sur trois « entrées » dans le projet traitées de manière simultanée, et particulièrement adaptée à cette thématique :

Un travail sur l’identité :
- la recherche de sens, par l’introduction des sciences humaines dans le projet
- l’élaboration d’une "narration formelle et émotionnelle" adaptée aux consommateurs concernés

Un travail sur l’usage :
- l’analyse des modes d’usage par l’observation in situ, l’enquête, la veille, qui constitue une production partageable
- le développement des nouveaux modes d’usage par l’expérimentation sur les mets et sur l’environnement de consommation

Un travail sur les valeurs industrielles :
- l’intégration de données techniques et environnementales
- l’intégration des données économiques

Cette pratique du projet facilite la mise en place de partenariats pédagogiques et permet d’aborder des sujets très différents, comme en témoignent les projets d’étudiants choisis dans cet article. Le designer, dans un contexte thématique large, doit aussi identifier les savoirs spécifiques nécessaires par la recherche de tuteurs extérieurs. Ils sont identifiés dans des domaines aussi diversifiés que le marketing, la nutrition, la chimie, la sociologie, la cuisine, les process industriels... Il doit aussi enquêter, dessiner, maquetter, expérimenter, réaliser des démonstrateurs de formes, d’usage, de principe technique, tout au long du développement du projet...

De fait, notre pratique du design industriel en fait une démarche d’innovation qui repose sur une vision globale :
pour la "forme" des mets, si le design culinaire n’intervient pas sur la préparation des plats, il intervient sur la forme, la structure des mets ; nous ne sommes ni cuisiner, ni décorateur, nous effectuons une démarche de design avec les produits alimentaires, comme avec n’importe quel autre matériau, en relation avec les spécialistes concernés,
pour la "forme" du packaging, nous ne nous contentons pas de faire un "facing" sur un pack existant, nous proposons de nouveaux concepts en intégrant la fabrication, la distribution, et le nouveau mode de consommation,
pour la "forme" de l’environnement de consommation, de distribution, nous pouvons intégrer le prolongement web du nouveau concept.

L’aliment restera un besoin essentiel pour l’homme, tant sur le plan de la nécessité que sur celui du plaisir, et un des principaux enjeux économiques ; c’est un très beau terrain de jeu pour le design !

Jean-Patrick Péché,
Designer
Responsable pédagogique année 5