L’École de design Nantes Atlantique

03/06/2009

Directeur du Pôle enfant, Patrick Blondeau présente en détail les projets menés conjointement par l’école et son pôle de compétitivité, présentant par là même le design comme un facteur primordial de développement des entreprises...

Patrick Blondeau, pourriez-vous décrire plus en détail les activités du PÔLE ENFANT ?

Un Pôle de Compétitivité a pour objectif de favoriser par l’innovation le développement économique d’un territoire, la croissance et l’emploi. Notre pôle est issu de la présence en région choletaise d’une soixantaine d’entreprises positionnées sur le marché de l’enfant. Certaines oeuvrent dans le secteur agro-alimentaire, notamment le groupe Charal, les Brioches Pasquier ou Fleury Michon, ou encore Biofournil. Historiquement, la région choletaise est également réputée pour son savoir-faire dans le domaine du textile (vêtement, et cadeau de naissance) et de la chaussure. Si, malheureusement, la production a été délocalisée dans des pays à main d’œuvre bon marché, les activités de logistique, de marketing et de design restent locales. De grandes entreprises telles GSA, CWF, Newman, sont autant d’acteurs importants du milieu de l’enfance. Dans le secteur de la puériculture, notre région accueille le leader mondial de la puériculture : Dorel / Bébé Confort. Autres secteurs d’activités impliqués : le meuble, la décoration, l’hygiène / santé, les jeux et jouets, et équipements divers de l’enfant ou de la petite enfance. Le marché de l’enfant représente environ 10 à 15 000 emplois dans cette partie de la région Pays de la Loire et est potentiellement très porteur à l’heure actuelle grâce à une démocratisation du concept de l’enfant-roi, qui fait que notre secteur continue à avoir une certaine croissance même en temps de crise. La démarche du PÔLE ENFANT consiste à faire en sorte que ces entreprises, à travers un travail collaboratif avec des établissements de formation supérieure telle L’École de design Nantes Atlantique et des laboratoires de recherche, fassent émerger de nouveaux programmes de R&D, et donc de l’innovation, source de développement économique. Nous menons une démarche inspirée de celle des clusters américains de la Silicon Valley, il y a vingt-cinq ans. Nous constatons que les PME sont, en règle générale, assez peu orientées vers la recherche et que, par ailleurs, les universités, les centres de recherche privés ou publics, qui possèdent les compétences techniques, n’ont pas le réflexe ni la méthode pour entrer en contact avec les entreprises. Nous constatons aussi qu’il y a un fort besoin d’intégrer dans tous ces processus de rapprochement du monde de l’entreprise les futurs dirigeants formés par les institutions d’enseignement supérieur.

Vous êtes donc un médiateur dans un réseau qui s’attache à faire se rencontrer les différents types de talents au niveau local ?

Oui, on peut dire cela, mais il ne s’agit pas uniquement de les faire se rencontrer. Je me définis comme un chef d’entreprise ayant pour objectif la création de nouveaux produits viables. Ma mission est de faire en sorte que des groupes de travail se mettent à fonctionner ensemble autour de projets et de programmes de recherche.

Quelle place L’École de design Nantes Atlantique occupe-t-elle dans le PÔLE ENFANT ?

L’École de design Nantes Atlantique s’est très vite révélée un des partenaires principaux de notre pôle de compétitivité. Si nous avons noué des liens si étroits avec votre établissement c’est, tout d’abord, grâce à l’accessibilité à l’école et à ses dirigeants, au rapport sympathique qui s’instaure dès lors que l’on traite avec de jeunes étudiants, qui se destinent à devenir cadres ou à occuper des postes de dirigeants, mais surtout aussi en raison de ce que peut, à l’évidence, représenter le design pour les entreprises. Le fait que L’École de design Nantes Atlantique soit représentée au sein du Conseil d’administration du PÔLE ENFANT favorise les choses, mais il n’y a là aucun hasard. L’École de design Nantes Atlantique fait partie d’un collège de partenaires scientifiques et techniques, au sein duquel elle occupe une place cruciale. Nous considérons, et nos adhérents en témoignent, que le design ne concerne plus seulement une fonction « produit », mais s’inscrit de plus en plus dans un processus global de management dans l’entreprise innovante.

Pouvez-vous nous expliquer plus précisément la nature de la collaboration entre L’École de design Nantes Atlantique et le PÔLE ENFANT ?

L’École de design Nantes Atlantique est un des partenaires de notre pôle de compétitivité et elle travaille en collaboration avec notre structure sur un projet lancé il y a trois ans appelé « DisMoiGoût », une initiative qui porte sur l’étude des préférences alimentaires chez les jeunes enfants. Il s’agit de faire en sorte que, demain, on trouve dans les magasins alimentaires des produits dont le goût aura été conçu selon les préférences des enfants et non selon celles de leurs parents. Pour ce faire, nous avons recours à des méthodes d’analyse sensorielle qui ne laissent rien au hasard.

Projet DisMoiGoût

Dans ce contexte, L’École de design Nantes Atlantique est intervenue pour favoriser la faisabilité de ce type de protocoles. Nous avons conçu avec votre établissement, en lien étroit avec Jean-Luc Barassard et Marie Berg du service Stratégie entreprises, un espace mobile et ses accessoires qui permettent de mettre rapidement un enfant en situation de confiance afin d’exprimer avec fiabilité ses préférences alimentaires. L’École de design Nantes Atlantique a joué un rôle essentiel de coopération tout au long du déroulement de ce projet, qui offre un exemple parfait de travail collaboratif réussi. L’École de design est également associée à un projet dédié au conditionnement des produits pour enfants. Un autre projet de grande envergure réalisé en collaboration avec L’École de design Nantes Atlantique est « TROPHÉE Up Design INTERNATIONAL » : un concours de design consacré à la thématique de l’enfant. Au terme d’une longue délibération, puisque nous avons compté pas moins de 300 inscriptions, émanant de 150 écoles représentant 35 pays, les récompenses ont été décernées le 3 décembre 2008. Trois jeunes designers se sont vu récompenser. En aval du concours, nous avons fait revenir à la demande d’une entreprise membre du PÔLE ENFANT, Dorel / Bébé Confort, une partie des vingt premiers lauréats pour prendre part à une journée de rencontre entre designers et entreprises. Nous leur avons ensuite proposé une formation de sensibilisation aux problématiques de la propriété industrielle, en présence de l’INPI, dont des acteurs sont venus dispenser des conseils lors d’une conférence.

Muma - 1er prix UpDesign - Mauricio Ortiz
Monsieur Bobo - 2e prix UpDesign - Bertrand Béal
Edocumpost - 3e prix UpDesign - Gwenaël Fonteneau

Le dernier type de collaboration qui lie votre établissement à notre structure est ma participation annuelle aux jurys des soutenances de projets de fin d’études (présentés par les étudiants de cinquième année). J’y trouve un intérêt évident notamment pour ce qui est de la proximité entre industriels et jeunes talents. J’en veux pour preuve l’exemple de cette étudiante que j’avais rencontrée lors d’un jury de fin d’études, qui a ensuite été embauchée chez un des adhérents du Pôle Enfant.

Ainsi, votre structure prône une démarche que l’on pourrait qualifier de pédagogique auprès des PME et PMI locales ?

Oui, tout à fait nous avons une action à caractère pédagogique, et nous sommes également animés par le désir de révéler la puissance de l’innovation par le design.

De votre discours d’ouverture auprès des entreprises, il ressort que vous œuvrez très fortement à la promotion du design.

Oui, cela me paraît très clair. Notre relation avec L’École de design vise à trouver des réponses à des problématiques ponctuelles ainsi qu’à puiser dans cette force d’innovation que représente ce vivier d’étudiants dotés d’idées et de regard neufs, dont les chefs d’entreprises, trop souvent le « nez dans le guidon », ont cruellement besoin.

D’après vos propos, grâce à sa fonction de promotion du design, votre pôle permet à tout un éventail d’acteurs (étudiants, institutionnels, industriels) de devenir de véritables vecteurs d’innovation ?

S’il ne faut tout de même pas que le design s’octroie tous les honneurs, je dois avouer que le PÔLE ENFANT retire un bénéfice évident et non négligeable de sa relation avec L’École de design Nantes Atlantique dans l’ensemble de son processus d’innovation au service des entreprises. Autrement dit, la présence de cette école dans la région des Pays de la Loire est une chance pour le PÔLE ENFANT ainsi que pour les entreprises locales.