L’École de design Nantes Atlantique

10/06/2012

David Balkwill rejoint l’équipe de L’École de design en tant que Responsable pédagogique du BTS Design de produits. David revient sur le parcours qui l’a amené jusqu’à nous.

« N’ayant eu qu’un week-end de battement entre la fin de mon dernier emploi à Manchester et le début de mon nouvel emploi ici, à L’École de design de Nantes, je reçois cinq sur cinq la différence culturelle. Je quitte l’anonymat d’une immense université accueillant 37000 étudiants pour l’environnement très intimiste de L’École de design, où chaque membre de l’équipe porte une réelle responsabilité dans ce qui est devenu un espace d’apprentissage riche et stimulant pour les étudiants. Je suis très heureux d’être ici, et impatient de me mettre au travail.

Mon parcours me ramène à Nantes après six années passées « là-haut dans le Nord », mais tout a commencé l’année de mes 16 ans lorsque j’ai rencontré Anthony Smallhorn, fondateur de l’agence de consulting en design Smallfry. Tony avait collaboré avec James Dyson sur le projet Sea Truck. À 16 ans, on peut avoir une vague idée de ce que l’on veut faire plus tard, mais là, pour la première fois, quelqu’un me disait : « Tu peux y arriver, tu peux devenir designer. Si tu fais tes études au bon endroit, tu as le potentiel pour réussir. » J’ai donc passé mon bac, puis quatre années d’études à Central Saint Martins, à Londres, m’ont conduit à mon premier job chez David Stubbs Design Associates et aux débuts de ma vie de designer produit. Manifestement, David et son équipe m’attendaient de pied ferme, car pour mon premier jour nous avons quitté le bureau à trois heures du matin.

Mais c’était dans l’Angleterre de la fin des années 70 : les directeurs d’entreprise, alors, n’osaient pas exporter leurs produits et beaucoup de nos projets partaient tout droit à la poubelle. C’était l’époque où le Design Council expliquait au monde industriel et au public ce qu’était le « bon design », mais aussi celle où notre chère Maggie défendait des valeurs qui n’étaient pas les miennes. Aussi, lorsque la France s’est présentée pour bousculer mes idées très britanniques, me proposer un nouveau langage et m’offrir un nouveau mode de vie, j’ai pris mon portfolio sous le bras et j’ai fait le grand plongeon dans Paris. J’ai trouvé à m’occuper en free-lance chez Lonsdale, juste en face du Crazy Horse sur l’avenue Georges V. Pendant les premières semaines, j’ai partagé un bureau avec deux graphistes, un Autrichien et un Irlandais, qui ont impitoyablement taillé en pièces mes idées reçues et ont ri avec moi de mon déplorable niveau de français.

Stylo insuline
Le stylo à insuline "Balkwill"

Six ans plus tard, j’étais directeur design chez ABCOM dont je possédais un tiers des parts. Il s’agissait d’une entreprise de design forte de 25 membres travaillant pour des clients majeurs en France et à l’international. C’est au cours de cette période où nous avons constitué notre équipe (il fallait trouver le bon talent correspondant aux attentes de nos clients, nourrir la créativité et les compétences pratiques de nos jeunes designers, assurer la fluidité du dialogue au sein d’un riche ensemble de personnes issues de parcours et de pays différents à mesure que nous relevions les défis de chaque nouveau projet) que j’ai connu ma première expérience d’enseignement du design produit. J’ai découvert non seulement que je pouvais partager ma passion, mais aussi que j’éprouvais du plaisir à jouer un rôle dans la transmission des savoir-faire et de l’assurance nécessaires aux futures générations de designers pour prendre en charge la création des produits de demain. J’ai donc consacré de plus en plus de temps à l’enseignement, jusqu’à devenir responsable pédagogique, d’abord à Manchester, puis maintenant à Nantes. C’est une mission que j’aime. Le temps que j’ai passé à l’université m’a permis de lire, d’étudier, de débattre, de comprendre peu à peu les structures auxquelles nous avons recours pour enseigner. Mon travail consiste à créer le cadre au sein duquel nos étudiants vont apprendre, mon objectif est de les voir grandir et s’épanouir.

En tant que designer, le produit dont je suis le plus fier est un stylo permettant aux diabétiques de s’injecter eux-mêmes l’insuline dont ils ont besoin. J’ai commencé par observer la façon dont ils vivaient avec leur maladie, puis j’ai rédigé un cahier des charges complexe avant d’imaginer le mécanisme répondant à ce cahier des charges. Le résultat est breveté à mon nom.

le premier téléphone portable GSM européen
Le premier téléphone portable GSM européen

Avec le recul, le produit le plus amusant que mon équipe et moi ayons créé est le premier téléphone portable GSM européen, inventé pour Alcatel au milieu des années 80. Il fallait avoir de grandes poches !

Mais au-delà des produits concrets sur lesquels j’ai pu travailler, ce qui me plaît vraiment à l’heure actuelle, c’est de voir ce que font nos diplômés et de me rendre compte, soudain, qu’ils ne sont plus des étudiants mais de véritables professionnels. »

David Balkwill, Responsable pédagogique du BTS Design de produits