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Formation en alternance : la parole est donnée aux maîtres d’apprentissage
Après 6 ans d’existence du CFA création et innovation industrielle au sein de L’École de design, 3 maîtres d’apprentissage témoignent de leur expérience en matière d’alternance et nous confient l’intérêt de ces formations.
Tetrarc est un cabinet d’architecture basé à Nantes qui aborde l’urbanisme, l’architecture, la scénographie, la muséographie et le design industriel. L’agence a pris successivement 3 apprentis BTS design d’espace. Au cours d’un échange, Monsieur Jean-Pierre Macé, architecte associé, nous donne son point de vue sur ce principe de formation.
Pourquoi avoir choisi la formation en alternance ?
« Tout d’abord, j’ai été séduit par la formule de l’apprentissage car une entreprise doit s’impliquer dans la formation des jeunes. L’accueil d’un stagiaire n’est pas toujours satisfaisant car il a l’inconvénient d’une période d’intégration trop courte pour apporter une expérience suffisante. En revanche, l’apprentissage offre deux années pour accompagner un jeune. D’autre part au regard de mon propre parcours, j’ai été convaincu que l’expérience professionnelle est un élément complémentaire à la formation initiale. L’alternance propose cet équilibre. En effet, elle offre une période nécessaire pour apprendre le métier sur le terrain et une autre pour l’acquisition des connaissances à l’école. C’est cette complémentarité qui permet d’être compétent et opérationnel. »
Comment procédez-vous au recrutement d’un jeune apprenti? Quels sont vos critères ?
« Je suis attentif aux véritables motivations de l’étudiant. En effet, le métier de créatif est exigeant, il ne peut pas se faire sans passion. Je cherche donc au cours des premiers échanges avec le candidat à découvrir son envie pour le métier et à connaître son parcours personnel. Cette condition n’est malgré tout pas suffisante, il est nécessaire d’avoir un minimum de savoir-faire. Un jeune doit pourvoir s’intégrer rapidement dans notre agence pour faire partie de l’équipe, une connaissance de base sur les logiciels comme Autocad facilite son entrée. »
L’alternance implique un échange régulier avec le CFA, comment jugez-vous cette relation ?
« La relation avec le CFA est de plus en plus appréciable. Elle a beaucoup progressé ces dernières années et elle offre de plus en plus de passerelles pour échanger et ainsi percevoir la progression de notre apprenti. Pour donner un exemple, je me suis inscrit au jury de préparation d’examen. C’est une bonne formule pour mesurer l’objectif que cherche à atteindre l’équipe pédagogique. Cette séance m’a éclairé sur ce sur quoi nous devions insister pour aller tous dans le même sens, pour mieux former notre apprenti. »
Vous avez pris un apprenti pendant 1 an en licence professionnelle, pouvez-vous nous donner les raisons de ce choix ?
« Ma principale raison de choisir l’alternance sur la Licence pro réside dans la durée de la formation (1 an). Elle est bien supérieure à un traditionnel stage et elle correspond parfaitement à mes besoins. De plus, elle s’avère être une solution économique intéressante. Cette période donne le temps pour former un jeune à ses méthodes de travail et d’en apprécier les résultats. L’autre avantage est aussi l’occasion de bien découvrir la personnalité et d’identifier au fur et mesure les champs de compétences du jeune. Je suis seul au sein de mon service, ce qui implique de gérer plusieurs dossiers à la fois, et l’arrivée d’un apprenti implique de s’organiser autrement. Du fait de l’alternance, sa présence discontinue au sein de l’entreprise est un bon moyen pour préparer ses activités et de mieux l’encadrer. »
Quel est l’apport du CFA dans le cadre d’une formation en alternance ?
« L’intérêt d’un apprenti est aussi la relation avec le CFA. Au cours de la formation, l’occasion est donnée d’échanger avec l’équipe pédagogique, ainsi nous pouvons croiser nos évaluations et mesurer les évolutions. Cela évite de n’avoir qu’un seul regard. »
Choisir un apprenti est une phase importante, quels sont vos critères et vos attentes ?
« Je regarde le book avec attention, quelle est la nature des projets, sa manière de dessiner et sa sensibilité. L’autre point est la personnalité du candidat, il est important de sentir une relation humaine car l’engagement est sur plusieurs mois. Pour le dernier point, il s’agit de ses compétences et de son savoir-faire en 3D.»
Pourquoi prendre une apprentie dans votre service ?
« La politique générale de l’entreprise m’a conduit à privilégier l’apprentissage plutôt qu’un recrutement en CDI ou CDD. Par ailleurs, j’ai travaillé avec des stagiaires sur une période de 6 mois, mais dans notre métier, cette durée de stage est trop courte compte tenu de toutes les problématiques, des marques et de tous les processus à assimiler. Je gère 10 marques sur plus de 20 pays. »
Pouvez-vous nous dire quels sont les aspects positifs de cette forme de collaboration et de formation d’un jeune créatif ?
« Comme toujours, quand nous avons de jeunes collaborateurs, c’est la fraîcheur, l’apport des idées nouvelles et un œil neuf dans le service qui font la différence. »
Quelles sont les qualités requises pour être un bon apprenti ?
« J’aime systématiquement associer qualités humaines et professionnelles. Dans des métiers comme le design retail et en particulier dans notre groupe, il est essentiel d’avoir envie de communiquer avec les autres, de partager, de créer son propre réseau. Il ne faut pas manquer d’humour, cela aide aussi très souvent à faire passer des messages ou aborder une situation complexe. Pour ce qui est des qualités professionnelles, j’attends personnellement de l’apprenti un véritable engagement personnel, de la créativité, une maîtrise de nos logiciels spécifiques, de l’écoute, et l’envie d’apprendre (recevoir et donner). »
Après quelques mois d’intégration dans votre service, comment jugez vous la place prise par Nora dans votre équipe ?
« Humainement, elle est parfaitement intégrée à l’équipe comme un collaborateur à temps plein. Les projets qui lui sont confiés sont des projets à part entière pour lesquels elle en assurera d’ailleurs le suivi du début jusqu’à la fin, je l’accompagnerai bien entendu. Ce n’est pas et ce ne doit pas être comme l’on dit dans notre jargon : un gratteur, un grouillot. Elle est réellement investie d’une mission avec des objectifs. »
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